Immobilier au Maroc : vers une baisse de 20 % du prix des loyers ?
Le programme « Villes sans bidonvilles » a bénéficié à plus de 382 000 familles au 31 décembre 2025, marquant une étape majeure dans la résorption de l’habitat insalubre. Parallèlement, le gouvernement prépare de nouvelles mesures pour freiner l’escalade des loyers dans les grandes agglomérations.
Le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a annoncé que 62 villes et centres urbains sont désormais officiellement déclarés sans bidonvilles. Ce bilan, issu d’un chantier lancé il y a deux décennies, reflète un changement de méthode de l’exécutif, informe l’Economiste. La stratégie actuelle privilégie le recasement durable plutôt que le simple relogement technique, afin de mieux intégrer les populations au tissu économique et social.
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Dans le cadre du plan quinquennal 2024-2028, les autorités ont actualisé les données de 120 000 ménages à travers le pays. Cette mise à jour vise à adapter les interventions à la réalité des transformations urbaines rapides. L’État s’appuie également sur un partenariat avec les promoteurs privés pour produire des logements à moins de 300 000 dirhams, avec des aides publiques permettant de réduire la contribution financière des bénéficiaires.
Le calendrier gouvernemental prévoit l’achèvement du programme entre la fin de l’année 2027 et le début de 2028. Pour pérenniser ces résultats, des mécanismes de suivi accompagneront les opérations afin d’empêcher toute nouvelle prolifération d’habitats précaires. L’objectif final est de transformer la résorption des bidonvilles en un véritable levier d’intégration urbaine à long terme.
Au-delà de l’habitat insalubre, le marché immobilier subit une forte pression marquée par une hausse continue des prix. Ce phénomène s’explique par un déséquilibre entre une demande élevée et une offre insuffisante dans les zones d’emploi. La spéculation immobilière, les investissements locatifs massifs et le développement des plateformes de location saisonnière accentuent cette tension en réduisant le parc résidentiel classique.
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Pour répondre à cette crise, le ministère de l’Habitat étudie une nouvelle formule de location résidentielle. Ce dispositif proposerait des loyers inférieurs d’environ 20 % aux prix du marché, assortis d’une option de transformation des versements en acomptes pour l’acquisition future du logement. Les premiers détails de cette initiative seront présentés en mars prochain.