Immobilier au Maroc : Prix doublés et “noir” obligatoire, comment les promoteurs trichent
Le rêve d’un logement décent au Maroc vire au cauchemar financier pour les ménages. Censé alléger le fardeau des familles, le programme d’aide directe alimente une spéculation sauvage où le “noir” et les malfaçons dictent leur loi, vidant le dispositif de son sens social.
Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique, interpelle la ministre Fatima Zahra El Mansouri sur cette dérive incontrôlée. L’élue dresse un constat accablant basé sur les retours du terrain : l’effort financier public, au lieu de solvabiliser les acquéreurs, finit dans la poche de spéculateurs via des mécanismes illégaux.
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L’inflation immobilière atteint des sommets injustifiés dans certaines zones. Des appartements économiques, historiquement négociés autour de 250 000 dirhams, s’affichent désormais à 450 000 dirhams, voire plus. Cette explosion tarifaire, qui double parfois la mise initiale, ne repose sur aucune plus-value technique. Les vendeurs se contentent souvent de retouches esthétiques superficielles pour justifier ces montants prohibitifs.
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La situation s’aggrave avec la généralisation du « noir ». Les promoteurs exigent des versements non déclarés, captant ainsi directement la subvention étatique destinée aux citoyens. Ce racket s’accompagne d’une chute de la qualité : de nombreux logements neufs présentent des défauts graves peu après la livraison, violant les standards minimaux de sécurité. Face à ce détournement, la parlementaire exige un durcissement immédiat des contrôles et une révision des critères d’éligibilité pour stopper cette rente déguisée.