Le Maroc s’arme auprès d’Israël, l’Espagne admet que sa rupture lui coûte du temps et de l’argent

- 23h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

L’Espagne découvre le prix de sa rupture militaire avec Israël. Un haut responsable de la Défense reconnaît une dépendance technologique « excessive » et des équipements difficiles à remplacer. Au même moment, il confirme que le Maroc continue de s’armer auprès des États-Unis et d’Israël.

« C’est une réalité. » Interrogé mardi 20 octobre sur le réarmement du Maroc, le lieutenant-général espagnol Miguel Ivorra confirme que Rabat multiplie les achats d’équipements militaires américains et israéliens. Le responsable de la stratégie et de l’innovation au ministère espagnol de la Défense s’exprimait à Madrid devant Nueva Economía Fórum, rapporte Europa Press.

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Le royaume a notamment acquis des drones, des systèmes de défense aérienne et des lance-roquettes auprès de fabricants israéliens. Cette coopération franchit désormais une nouvelle étape industrielle. Dès mars 2027, une filiale du groupe israélien Elbit Systems prévoit de livrer les premières tourelles de combat fabriquées au Maroc pour équiper les blindés des Forces armées royales.

Miguel Ivorra souligne cependant une différence essentielle entre l’achat d’armes et la maîtrise de leur technologie. « On n’y parvient pas en achetant des produits, mais en les développant, en les faisant évoluer et en les entretenant », explique-t-il à propos de l’autonomie militaire.

L’Espagne confrontée à sa dépendance israélienne

De l’autre côté du détroit, le lieutenant-général fait un aveu. « Nous avions une dépendance excessive » à la technologie israélienne, reconnaît-il. Depuis la rupture décidée par Madrid en septembre 2025, en réaction à la guerre à Gaza, l’industrie espagnole doit trouver comment remplacer des équipements jusqu’alors fournis par Israël.

La tâche s’annonce compliquée. « Cela affecte évidemment nos capacités, car certains systèmes complexes nécessitent du temps et de l’argent », admet Miguel Ivorra, dont les propos sont également rapportés par The Objective.

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Le responsable espagnol veut transformer cette contrainte en occasion de développer une production nationale. Il assure que les industriels de son pays disposent des compétences nécessaires pour remplacer progressivement les technologies israéliennes.

Un autre défi attend Madrid : son retard face à l’industrie américaine. Miguel Ivorra qualifie cet écart technologique d’« immense ». Pour le réduire, il mise sur une coopération renforcée entre les industriels européens, notamment dans le développement de nouveaux systèmes d’armement.