Au Maroc, l’armée américaine veut repérer des drones qui n’émettent aucun signal radio, même la nuit
L’armée américaine précise les exigences imposées aux futurs systèmes antidrones évalués au Maroc : identification d’appareils sans émission radio à près de 1,6 kilomètre, suivi de cibles bien plus loin et fonctionnement sur des positions isolées.
Repérer un drone qui reste silencieux sur les fréquences radio : voilà l’un des défis assignés aux équipements que Washington compte éprouver à Tan-Tan. Le 21 octobre, un porte-parole de l’US Army a détaillé auprès de Task & Purpose plusieurs seuils techniques absents de la première présentation des essais marocains.
Le premier concerne les petits drones ne transmettant aucun signal radio détectable. Les systèmes devront à la fois les repérer et les identifier à près d’un mile, soit environ 1,6 kilomètre, de jour comme de nuit. Les militaires veulent ainsi détecter une menace sans pouvoir compter sur ses transmissions.
Deux autres distances sont demandées pour le suivi des appareils en vol : près de 3,2 kilomètres pour les petits drones et environ 8 kilomètres pour les plus grands. Le suivi constitue ici un critère distinct de l’identification des drones silencieux. Toutes ces distances correspondent aux objectifs que les futurs matériels devront démontrer pendant les évaluations.
Des équipements utilisables loin des bases militaires
Le commandement américain veut avant tout protéger des postes de commandement temporaires et des positions isolées. Dans ces zones, les réseaux de communication peuvent être limités. Les responsables réclament donc des systèmes abordables, déployables en nombre et capables de fonctionner lorsque l’environnement technique se dégrade.
L’armée souligne la rapidité avec laquelle des adversaires adaptent des drones disponibles dans le commerce. Cette évolution pousse ses équipes à rechercher des moyens de protection utilisables dans des régions disposant de peu d’infrastructures, au-delà des seuls dispositifs qui surveillent les transmissions radio.
Les démonstrations prévues à Tan-Tan en février et mars 2027 devront mettre ces exigences à l’épreuve. Les équipements seront ensuite évalués pendant African Lion, en avril et mai. Selon l’US Army, les résultats obtenus et les observations des soldats guideront le choix des technologies à acheter.
L’objectif américain est de fournir les matériels retenus aux unités dans les 180 jours suivant les évaluations.