Maroc : Coface alerte sur une vulnérabilité cachée de l’économie
Le Maroc conserve une position relativement solide dans la nouvelle cartographie des risques de Coface. Mais derrière cette stabilité, le baromètre de juin 2026 pointe une fragilité moins commentée : l’exposition du Royaume au choc énergétique mondial.
Dans son analyse consacrée aux conséquences de la crise au Moyen-Orient et de la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, Coface souligne que l’impact direct sur les économies africaines sera inégal. Tous les pays du continent ne sont pas exposés de la même manière aux produits pétroliers. Certains en consomment encore peu, faute d’un appareil productif fortement industrialisé.
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Le Maroc, lui, se trouve dans une autre catégorie. Avec l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria, il fait partie des économies africaines où la consommation de produits pétroliers est la plus concentrée. Autrement dit, sa structure économique plus développée le rend aussi plus sensible à la hausse des prix de l’énergie, du transport et des intrants.
Une solidité qui a son revers
Cette lecture nuance l’image d’un pays simplement mieux armé que ses voisins. Le Maroc n’est pas en première ligne géographique du conflit, mais il reste exposé par sa facture énergétique, ses importations, ses besoins industriels et le coût du fret. Une hausse durable du pétrole peut rapidement se transmettre aux entreprises, puis aux prix payés par les ménages.
Coface avertit aussi que le choc ne se limite pas à l’énergie. Les tensions sur les intrants, les pénuries d’engrais et les conditions météorologiques défavorables peuvent nourrir une nouvelle vague d’inflation alimentaire en Afrique. Cette situation devrait peser sur la croissance du continent en 2026 et 2027.
Pour le Maroc, le risque se situe donc moins dans une dégradation immédiate de sa note que dans la capacité de son économie à absorber un choc importé. Les secteurs dépendants du transport, de l’énergie et des matières premières pourraient voir leurs marges se réduire, surtout dans un tissu productif largement composé de petites entreprises.
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Le baromètre de Coface rappelle ainsi une réalité souvent sous-estimée : plus une économie se modernise et s’industrialise, plus elle devient sensible aux secousses mondiales. Pour le Maroc, la stabilité reste un atout, mais la dépendance énergétique demeure l’un des tests majeurs des prochains mois.