Le Maroc commence à traquer les détenteurs de Bitcoin
Face à l’engouement pour les monnaies virtuelles, les autorités marocaines intensifient leurs contrôles. Si la pratique reste fermement interdite, le royaume prépare une loi pour encadrer un marché numérique devenu impossible à ignorer.
Les détenteurs de Bitcoin sont désormais ciblés. Comme le souligne Challenge, l’administration a récemment envoyé une mise en demeure à un particulier, l’épinglant pour la possession non déclarée d’avoirs numériques à l’étranger et leur cession à des résidents. Le document exige la présentation de justificatifs sous trente jours pour éviter des poursuites. Cette démarche démontre le coup de vis de l’État pour pister ces capitaux qui échappent aux circuits classiques.
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Cette fermeté répond à un usage galopant, bravant l’interdiction formelle de Bank Al-Maghrib et de l’Office des Changes. Près de 6 millions de Marocains, soit 16 % de la population, détenaient des cryptoactifs en 2025. Séduite par la facilité d’accès et l’attrait spéculatif, une jeunesse très connectée s’expose pourtant à de lourdes pertes liées à une « volatilité extrême ». Face aux risques de financement illicite et de blanchiment, des unités de surveillance ont même été déployées en décembre 2025.
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Pour reprendre le contrôle, le Maroc peaufine le projet de loi 42-25. Fini le simple bannissement, ce futur cadre juridique s’aligne sur les standards mondiaux comme le règlement européen MiCA ou les recommandations du G20. Supervisé conjointement par Bank Al-Maghrib et l’AMMC, et pensé avec le FMI ainsi que la Banque mondiale, ce texte imposera des règles de transparence et de conformité. D’ici son application, le message officiel demeure strict : toute transaction virtuelle reste illégale.