Au Maroc, une découverte vieille de 168 millions d’années surprend les scientifiques
Des paléontologues marocains ont mis au jour les premières empreintes fossilisées de reptiles aux allures de lézard datant du Jurassique en Afrique. Une découverte paléontologique majeure qui éclaire l’histoire ancienne de ce territoire.
L’étude, publiée le 20 avril dans la revue Historical Biology, marque un tournant historique. Menée par Omar Ait Haddou de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès et huit confrères issus de six établissements marocains, la recherche révèle la présence de traces vieilles de 164 à 168 millions d’années dans la formation de Guettioua, au cœur du Haut Atlas central. Cette trouvaille représente seulement la troisième occurrence mondiale de ce type d’empreintes. Jusqu’ici, aucun vestige similaire n’avait jamais été documenté sur l’ancien supercontinent sud, le Gondwana.
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Concrètement, l’équipe a analysé une plaque de grès extraite lors d’une campagne de prospection menée en 2024 près du village de Msemrir. La dalle de 30 centimètres de long abrite douze empreintes. Si la plupart sont dégradées, une main gauche s’avère parfaitement conservée. Grâce à des logiciels de modélisation en trois dimensions, les scientifiques ont pu déterminer qu’elle mesurait très exactement 20 millimètres. Bien que l’échantillon présente de fortes similitudes avec le genre reconnu Rhynchosauroides, de légères différences d’orientation morphologique incitent les auteurs à classer prudemment ces traces comme appartenant à un lacertoïde non identifié.
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Cette percée scientifique permet également de reconstituer l’écosystème local, décrit comme un réseau fluvial dynamique. L’ajout de ces traces de lézards à celles déjà connues d’invertébrés ou de dinosaures conforte la richesse de cette zone de transition. « La coexistence de reptiles aux allures de lézard et de théropodes dans le même environnement suggère de possibles interactions écologiques », précise le rapport, évoquant une potentielle dynamique de proie à prédateur. Ces résultats encouragent désormais les experts à poursuivre les fouilles systématiques dans la région pour y débusquer des vertébrés encore inconnus.