Maroc : des signes positifs pour le journaliste emprisonné Ali Lamrabet

- 14h12 - Maroc - Ecrit par :

Les visites de plusieurs personnalités au chevet d’Ali Lamrabet, un journaliste incarcéré au Maroc pour "outrage à la personne du roi", témoignent de la volonté du pouvoir marocain de débloquer une situation devenue embarrassante, estimait-on vendredi à Rabat.Dans la même journée de jeudi, le prince Moulay Hicham, cousin germain du roi Mohammed VI du Maroc et le Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH, public) ont rendu visite au journaliste franco-marocain, dans l’hôpital de Rabat où il poursuit une grève de la faim après sa condamnation à trois ans de prison.

Ali Lamrabet, 44 ans, affaibli par une grève de la faim entamée le 6 mai, a été condamné en appel le 17 juin à trois ans de prison ferme, à l’interdiction de ses deux journaux Demain Magazine et Doumane (arabophone) et à 20.000 dirhams d’amende (environ 2.000 euros).Moulay Hicham avait reçu jeudi une réponse favorable à une lettre au ministre marocain de la Justice, Mohammed Bouzoubaâ, dans laquelle il demandait l’autorisation de rendre visite au journaliste incarcéré en invoquant notamment les inquiétudes exprimées par un groupe de médecins sur son état de santé."Il s’agit d’une visite très positive et je souhaite qu’elle contribue à sauver Ali Lamrabet", a déclaré vendredi à l’AFP Me Abderrahim Jamaï, l’un de ses avocats. Me Jamaï a décelé des "signes positifs" des autorités aussi bien dans l’autorisation de cette visite que dans la démarche, organisée le même jour, du CCDH.Le Conseil consultatif des droits de l’Homme, un organisme proche du pouvoir, s’était rendu jeudi au chevet d’Ali Lamrabet avec une délégation composée notamment de son président, Omar Azziman, ancien ministre marocain de la Justice et son secrétaire général, Driss Benzekri."M. Lamrabet a loué l’initiative du CCDH, présenté ses doléances et promis de réfléchir sérieusement à mettre un terme à sa grève de la faim", avait assuré ce comité dans un communiqué publié après sa visite.Ces "signaux" interviennent au 45ème jour d’une grève de la faim qu’Ali Lamrabet se dit "déterminé" à vouloir poursuivre, et avant la décision attendue des avocats de la défense pour un éventuel pourvoi en cassation - fondé sur des irrégularités de procédure qu’ils ont dénoncées tout au long du procès.Ils interviennent aussi dans le contexte d’un véritable concert de protestations qui a suivi le verdict prononcé le 17 juin par la cour d’appel de Rabat, émanant des organisations de défense des droits de l’Homme marocaines et internationales.De nombreux appels en faveur du journaliste ont également été lancés par différentes personnalités, institutions et gouvernements.Le Premier ministre marocain Driss Jettou avait ainsi reçu, lors de sa visite à Paris le 16 juin un message du président français Jacques Chirac préconisant la "modération" dans cette affaire.Selon le quotidien espagnol El Pais, le secrétaire d’Etat espagnol à la politique extérieure Ramon Gil Casares a reçu jeudi l’ambassadeur du Maroc en Espagne afin d’intercéder en faveur du journaliste - une version que l’ambassade a toutefois réfutée.

AFP

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    Le prince Moulay Hicham, cousin germain du roi Mohammed VI du Maroc, a rendu visite jeudi au journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, dans l'hôpital de Rabat où il poursuit une grève de la faim après sa condamnation à trois ans de prison, a-t-on appris de source sûre.

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    Le journaliste franco-marocain incarcéré, Ali Lamrabet, a décidé de cesser "dès aujourd'hui" la grève de la faim qu'il observait depuis le 6 mai à Rabat, a annoncé lundi à Casablanca (100 km au sud de Rabat) le prince Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI du Maroc.

  • Une organisation exhorte Ali Lamrabet à arrêter sa grève de la faim

    Le Conseil consultatif royal des droits de l'Homme (CCDH, public) a appelé jeudi le journaliste Ali Lamrabet, condamné à trois ans de prison et hospitalisé à Rabat, à arrêter sa grève de la faim illimitée ce que le journaliste a promis d'étudier, a-t-on appris auprès de cet organisme.

  • Ali Lamrabet refuse une proposition de transfèrement vers la France

    Le journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, condamné à trois ans de prison ferme pour outrage au roi, a refusé le transfèrement sanitaire vers la France qui lui avait été proposé par des responsables français, a-t-on appris jeudi à Rabat.

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    L'intervention du prince Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI du Maroc, en faveur du journaliste Ali Lamrabet incarcéré pour "outrage au roi", a suscité des interrogations sur un possible retour en grâce du "Prince rouge" auto-exilé aux Etats-Unis depuis plus d'un an.

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  • Ali Lmrabet condamné en appel à 3 ans de prison ferme

    Le journaliste et satiriste franco-marocain Ali Lamrabet a été condamné par la cour d'appel de Rabat à trois ans de prison ferme. Il a notamment été reconnu coupable d' »outrage à la personne du roi », et ses deux journaux ont été interdits.

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    Le procès en appel du journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, condamné à 4 ans de prison pour "outrage à la personne du roi", a été mis en délibéré au 17 juin, mardi à Rabat, au terme d'une séance houleuse marquée par le retrait des avocats de la défense.

  • Le journaliste Ali Lamrabet demande une enquête sur ses conditions de détention

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  • Ali Lamrabet, un calomniateur pour le ministre marocain de la communication

    Le journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, incarcéré pour outrage au roi, est un calomniateur, a affirmé lundi soir le Ministre marocain de la communication sur la chaîne de télévision d'information continue LCI.