Maroc, le mauvais élève du développement humain

- 16h56 - Maroc - Ecrit par : L.A

La Namibie devance le Maroc en termes de développement humain. Ce n’est pas une blague, mais c’est ce qui ressort du "Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008", élaboré par le PNUD. Le document révèle un nouvel échec cuisant pour le Maroc. Nous avons encore perdu trois places dans le classement général, pour atterrir au 126e rang sur 177 pays. Le royaume se rapproche de plus en plus du groupe des pays "à faible développement humain". Quelle honte !

Le Maroc affiche des résultats médiocres au niveau de toutes les composantes de "l’indice de développement humain". Mais ce qui lui fait le plus défaut, ce sont les indicateurs de l’éducation et l’enseignement. Fin 2005, le taux d’alphabétisation des adultes était de 52 % et le niveau de scolarisation combiné (primaire, secondaire, universitaire) de 58 %. Notre pays fait moins bien que l’Ouganda, le Kenya ou même Madagascar. Si nous n’avions pas atteint une espérance de vie à la naissance de 70,4 ans et un PIB par habitant de 4 555 dollars [3 100 euros], notre classement aurait été bien pire. Toujours est-il que ces deux résultats restent bien loin de ceux de l’Algérie, de la Tunisie ou même du Gabon. Des pays comme l’Egypte ou la Syrie se rapprochent du PIB par habitant du Maroc, mais le devancent de loin dans le classement global, grâce à de bons indicateurs d’enseignement.

Au vu de ces résultats, il y a lieu de se poser des questions sur l’efficacité des stratégies de développement social, s’il y en a. Depuis 2005, tous les "projets", aussi petits qu’ils soient, initiés aux quatre coins du Maroc sont intégrés dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Mais rien de cela n’a permis l’amélioration des conditions de vie des populations les plus démunies, du moins au terme de cette même année. Il faut attendre le rapport sur le développement humain de l’année prochaine pour mesurer l’impact de cette initiative en 2006 et 2007. En tout cas, les premières enquêtes révèlent des dysfonctionnements qui plombent l’aboutissement de cette initiative.

Plusieurs opérateurs du secteur de l’enseignement révèlent une aggravation des déficits en infrastructures et en ressources humaines ainsi qu’une dégradation des conditions d’enseignement, notamment dans le monde rural. Même le roi a signalé cette insuffisance dans son dernier discours du trône. Compte tenu de ces éléments, le score du Maroc ne risque pas de s’améliorer dans le prochain rapport.

En classant le Maroc parmi les mauvais élèves en termes de développement humain, les experts du PNUD ont sûrement dû remarquer les inégalités flagrantes entre riches et pauvres. Cinquante ans après l’Indépendance, les signes de pauvreté et de précarité sont toujours aussi saillants dès que l’on quitte le centre des grandes villes marocaines. Pourtant, les organismes internationaux ne cessent de ressasser cette remarque, qui n’a pas besoin d’expertise pour être signalée. Des centaines de solutions ont été avancées pour garantir le minimum vital en termes de qualité de vie pour les plus démunis. Mais il semble que les responsables régionaux n’aient pas encore la volonté de passer à l’action. Résultat des courses : une situation humiliante qui ne peut que nuire à l’attractivité du Maroc pour les investissements étrangers.

Pendant que le Maroc recule, ses concurrents directs progressent à grands pas. Le Gabon, qui était classé juste devant nous il y a deux ans, s’est hissé à la 119e place. Dans le monde arabe, il n’y a que la Mauritanie, le Yémen et le Soudan que nous arrivons à devancer. Toujours pas de quoi pavoiser.

Par ailleurs, L’Islande et la Norvège arrivent en tête du classement du PNUD. Ce qui confirme la réputation des pays scandinaves en termes de qualité de vie. Loin derrière, on retrouve la France, classée 10e, et les Etats-Unis, à la 12e place. Les vingt derniers du classement sont tous issus de l’Afrique subsaharienne.

L’Economiste - Nouaim Sqalli

  • Plus de 5000 projets de développement humain au Maroc en 2008

    5.172 projets de développement humain nécessitant une contribution financière de l'Etat de 3,3 milliards de dirhams sont prévus au Maroc en 2008, selon le ministère marocain de l'intérieur.

  • Développement humain : le Maroc classé 130ème par le PNUD

    Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a classé le Maroc 130ème sur 182 pays dans son rapport 2009 sur le développement humain.

  • L'INDH débattu au Forum du développement humain d'Agadir

    L'Initiative Nationale de Développement Humain (INDH) a été au cœur du débat lors du Forum international du développement humain organisé la semaine dernière à Agadir.

  • Le Maroc critique l'évaluation "statique" du développement par le PNUD

    Le Haut commissariat au plan a réclamé l'actualisation des données marocaines pour le rapport 2008 du Programme des Nations Unies pour le développement.

  • INDH : 12.000 projets pour 3 millions de bénéficiaires

    Le nombre de projets réalisés ou en cours de réalisation dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain a atteint, entre septembre 2005 et septembre 2007, 12.137 pour trois millions de bénéficiaires.

  • 3 milliards dh pour l'INDH en 2008

    Une enveloppe de 3 milliards de dirhams a été consacrée à la réalisation du plan d'action de l'Initiative nationale pour le développement humain au titre de l'année 2008, soit 2 milliards de crédits de paiement et 1 milliard de crédits d'engagement.

  • 300 millions DH pour le développement rural

    Le gouvernement a consacré une enveloppe de 300 millions de dirhams au soutien au fonds du développement rural, a indiqué Abdeslam Al Mesbahi.

  • Le Maroc fait figure de cancre au Maghreb en matière d'éducation

    Le Maroc fait figure de cancre au Maghreb en matière d'éducation, selon des études internationales publiées récemment et largement admises par le pouvoir, alors que le pays cherche à assurer une croissance pérenne. "Sur le plan du développement humain, nous sommes classés par le PNUD 126e sur 177 pays, et c'est la scolarité qui nous pénalise", a admis récemment Meziane Belfkih, conseiller du roi et président délégué du Conseil supérieur de l'enseignement. "Dans le parcours du primaire à la faculté, nous perdons pratiquement un tiers des élèves à chaque cycle", ajoute-t-il.

  • Enseignement au Maroc : L'échec de la réforme confirmé

    Les réformateurs de l'enseignement au Maroc n'ont jamais eu les moyens de leur politique. Résultat : l'école, le collège, le lycée et l'université continuent à souffrir de problèmes structurels. La commission spéciale de l'éducation et de la formation (Cosef) n'a pas pu sortir l'enseignement national des éternels problèmes dont il a toujours pâti.

  • Le Maroc parmi les 10 pays les plus chers en Afrique

    Quels sont les pays africains les plus riches ? Quels sont ceux où les prix sont les plus élevés ? Et ceux où ils sont les plus faibles ? Ce genre de questions trouve désormais des réponses.