Au Maroc, des élus soupçonnés de fermer les yeux pour ne pas perdre des voix
Dans la région de Casablanca-Settat, l’absence de police administrative favorise une inquiétante anarchie urbanistique. Face à la multiplication des infractions, les autorités s’interrogent sur les motivations réelles des élus locaux, souvent accusés de calculs électoralistes.
L’anarchie architecturale prend des proportions alarmantes au sein de plusieurs communes. Des missions d’inspection ont révélé de graves infractions liées à la construction, à l’exploitation des biens immobiliers et à l’occupation illégale de l’espace public. Cette détérioration découle directement de la marginalisation flagrante des services de la police administrative, censés documenter ces violations et imposer le respect de la loi. Sans ces brigades spécialisées, les tâches de contrôle sont éparpillées entre différents départements, rendant toute intervention inefficace sur le terrain.
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Face à cette urgence, les gouverneurs de la région de Casablanca-Settat exigent désormais des explications. Lors de récentes réunions périodiques, ils ont fermement interpellé les présidents des conseils communaux sur le refus de créer ces bureaux de contrôle. Des rapports détaillés, consultés par le média Al3omk, ont été transmis à l’administration centrale. Ces documents pointent un retard totalement injustifié dans la structuration de ces unités, particulièrement dans des zones connaissant une expansion immobilière très rapide nécessitant une surveillance accrue.
L’origine de cette inertie institutionnelle cacherait des arrière-pensées purement politiques. Les documents évoquent l’existence de calculs électoraux derrière le gel de ces organes répressifs. Concrètement, libérer les rues, fermer des commerces non autorisés ou verbaliser les contrevenants risque de provoquer la colère de nombreux électeurs à l’approche des prochains scrutins. Ces pratiques posent la question de l’indépendance décisionnelle de certains élus, suspectés de privilégier leurs propres intérêts au détriment direct de l’intérêt général et de la protection du patrimoine urbain.
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La situation révèle une fracture importante entre les territoires. Si certaines collectivités ont réussi à déployer des équipes qualifiées et équipées en moyens logistiques, d’autres manquent de l’organisation minimale requise. L’explosion des abus immobiliers et commerciaux ramène aujourd’hui ce dossier au centre des préoccupations des décideurs de la région. L’objectif immédiat est de resserrer la surveillance et d’obliger les présidents de communes à activer ces dispositifs répressifs pour restaurer l’ordre et garantir une bonne gouvernance locale.