Au Maroc, une enquête sur l’argent suspect peut déclencher une réponse en 60 minutes
Au Maroc, certaines demandes d’informations financières peuvent désormais obtenir une réponse en 60 minutes. Un rapport de Transparency International et de l’UNICRI détaille les mécanismes mis en place pour accélérer les enquêtes sur les flux d’argent suspects.
Dans son rapport Closing the Gaps : Detecting and Investigating Corrupt Money Flows in the Middle East and North Africa, publié en juin 2026, Transparency International examine la manière dont les autorités de plusieurs pays de la région échangent les informations nécessaires pour suivre l’argent issu notamment de la corruption et du blanchiment. Le Maroc se distingue par plusieurs accords destinés à réduire les délais entre administrations.
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Le dispositif repose notamment sur un accord de coopération conclu en 2022 entre le ministère public et l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF). Celui-ci prévoit l’échange d’informations et la transmission de dossiers entre les deux institutions.
D’autres accords conclus avec Bank Al-Maghrib vont plus loin : ils visent à ramener à seulement 60 minutes le délai de réponse à certaines demandes d’informations. Le rapport ne dit donc pas qu’une enquête complète est traitée en une heure, mais que les renseignements nécessaires à celle-ci peuvent, dans le cadre de ce mécanisme, circuler extrêmement rapidement entre les autorités concernées.
Des échanges accélérés, mais encore des faiblesses à l’international
Transparency International relève également un accord conclu en 2025 entre l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption et les services de sécurité marocains. Il doit renforcer le partage d’informations dans les enquêtes liées à la corruption, même si le rapport précise que sa mise en œuvre en est encore à ses débuts.
Cette rapidité des échanges à l’intérieur du Maroc contraste avec une faiblesse persistante lorsqu’une enquête doit franchir les frontières. Le rapport estime que le Royaume utilise encore relativement peu les mécanismes d’entraide judiciaire internationale. Il rappelle qu’une évaluation de 2019 faisait état d’une absence de demandes d’entraide envoyées à l’étranger pour des affaires de blanchiment ou d’infractions sous-jacentes, notamment en raison d’une faible utilisation de ces outils par les magistrats.
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Pour les auteurs, ces échanges sont pourtant essentiels lorsqu’il s’agit de retrouver des fonds transférés vers des comptes bancaires, sociétés ou biens immobiliers à l’étranger. Une enquête financière peut ainsi dépendre autant de la vitesse avec laquelle une banque marocaine fournit une information que de la capacité des autorités à obtenir des données d’un autre pays.