Maroc : une enquête révèle une menace pour la cohésion sociale

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

La troisième édition de l’enquête nationale sur le lien social (pôle civil), réalisée par l’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES) entre décembre 2022 et février 2023 auprès d’environ 6 000 personnes, offre un aperçu précis de l’état d’esprit des Marocains.

L’étude révèle une confiance élevée envers les « institutions souveraines » (6,7/10) et les institutions éducatives (7,2/10). En revanche, la confiance dans les institutions représentatives reste faible, malgré une légère progression depuis 2011.

Concernant le lien social, 84,7 % des Marocains se sentent en sécurité, un chiffre en augmentation. Cependant, la confiance interpersonnelle demeure limitée : 80 % estiment que « les gens ne sont pas dignes de confiance », contre 20 % qui pensent qu’«  il est possible de faire confiance à la plupart des personnes » (5 % en 2011).

A lire : Administration marocaine : les MRE ont-ils perdu confiance ?

L’espace virtuel est perçu comme une menace pour la cohésion sociale par 71 % des répondants, et 85 % considèrent que les réseaux sociaux contribuent à la diffusion de fausses informations.

Sur le plan économique, 37 % des Marocains se disent confiants dans les perspectives à moyen terme, 45 % restent neutres et 18 % sont pessimistes. 84 % craignent que les crises mondiales actuelles n’aient un impact négatif sur leur avenir.

L’identité marocaine se définit principalement par l’attachement à l’unité territoriale, l’appartenance à l’islam, la connaissance de l’histoire et la pratique des langues arabe et amazighe (cette dernière gagnant en importance avec 6/10).

En matière linguistique, 50,8 % des Marocains utilisent plusieurs langues, et 49,2 % une seule. L’arabe reste la langue d’enseignement privilégiée (73,5 %, en baisse), contre 5 % pour l’amazighe.

Les principaux obstacles au vivre-ensemble, selon les Marocains, sont la pauvreté, l’injustice sociale, la corruption et l’opportunisme. La rudesse et l’extrémisme religieux sont moins cités.