Au Maroc, un député veut éradiquer la darija francisée
Préoccupé par le phénomène de la darija marocaine francisée et son impact sur l’identité linguistique et culturelle, le député Mohamed Baddou du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) interpelle Mehdi Bensaïd, ministre de la Culture, de la Jeunesse et de la Communication.
Le phénomène de la darija marocaine francisée « est devenu une composante du discours quotidien de nombreux citoyens marocains, que ce soit dans les milieux publics ou à travers les médias et autres domaines. Le phénomène se manifeste par l’introduction excessive de nombreux termes français dans la conversation quotidienne, alors même qu’il existe des termes arabes et amazighs corrects et appropriés qui peuvent être utilisés avec la même facilité », précise Mohamed Baddou dans une question écrite adressée au ministre de la Culture, de la Jeunesse et de la Communication.
Selon l’élu du PPS, ce phénomène étranger, qui ne se limite pas à une catégorie particulière de la société, commence à avoir un impact direct sur la culture et l’identité linguistique marocaines. « Ce phénomène représente l’un des principaux défis auxquels sont confrontées ces deux langues dans le Maroc d’aujourd’hui, notamment dans le contexte d’une interaction continue avec les langues étrangères », insiste-t-il.
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Pour étayer son argumentaire, le député a rappelé le discours du défunt roi Hassan II : le souverain « a, à plusieurs reprises, souligné la nécessité de préserver les dialectes marocains des influences étrangères. Il avait affirmé que les langues arabe et amazighe représentent le socle de notre identité culturelle, et qu’il est impératif d’en préserver l’authenticité face aux influences extérieures, afin d’assurer la protection de nos valeurs nationales et de renforcer notre développement culturel et social ».
L’élu a en outre souligné que les langues arabe et amazighe, avec leur patrimoine culturel et historique, constituent la pierre angulaire contribuant à la construction d’une identité nationale cohérente. D’où la nécessité d’éradiquer le phénomène de la darija marocaine francisée.