Maroc : l’écart de richesse atteint un nouveau sommet

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Depuis 2019, les écarts sociaux se sont davantage creusés entre les zones urbaines et rurales au Maroc, révèle l’enquête nationale sur le niveau de vie des ménages 2022-2023.

Menée par le Haut-commissariat au plan (HCP), cette enquête relève des disparités profondes de revenus entre les zones rurales et urbaines, sachant que le revenu annuel moyen par ménage est de 89 170 dirhams. Alors qu’en zone urbaine, ce revenu a atteint 103 520 dirhams, il a chuté à 56 047 dirhams en milieu rural, note l’étude, soulignant les inégalités marquantes entre ces deux zones, du point de vue économique et en termes d’emploi, d’éducation et d’infrastructures.

À lire : Maroc : niveau de vie en hausse, mais une fracture sociale qui s’élargit

D’après l’enquête du HCP, 72 % des ménages marocains gagnent un revenu inférieur à la moyenne nationale. Un taux qui confirme le niveau de vie encore très bas de la majorité de la population et une concentration de la richesse dans les mains d’une minorité, analyse L’Économiste. En zone urbaine, les salaires font 36,4 % des revenus, et seulement 29,5 % en zone rurale. Cette différence est due à la prédominance de l’informel et de l’agriculture en milieu rural où les revenus sont irréguliers et moins élevés.

L’étude met également en évidence un creusement des écarts sociaux, notant un rapport de 7,1 entre les revenus les plus élevés et les plus bas, en hausse par rapport à 2019 où un ratio de 6,2 était enregistré. Des mesures sont envisagées pour réduire ces inégalités et promouvoir la justice sociale et une croissance plus inclusive. Parmi elles, l’augmentation du salaire minimum et la régularisation des emplois informels figurent en bonne place.

Cette solution permettra d’améliorer la situation des ménages à faibles revenus. Des réformes structurelles doivent être également engagées dans les secteurs de l’agriculture et des services, où l’informel est prédominant, afin d’améliorer les conditions de travail et la rémunération. Pour soutenir les ménages les plus vulnérables, l’extension de la couverture sociale et la généralisation de l’assurance maladie s’avèrent nécessaires.

À lire : Maroc : hausse du niveau de vie

La réduction durable des inégalités devrait aussi passer par la création d’entreprises et la dynamisation du marché du travail. Dans ce sens, l’État pourrait accorder des incitations fiscales, faciliter l’accès au financement et accompagner les jeunes entrepreneurs. En outre, les autorités devraient revoir leurs politiques publiques en priorisant des secteurs stratégiques tels que l’innovation technologique, l’économie verte et l’industrialisation locale, pour réduire les écarts territoriaux et garantir une meilleure redistribution de la richesse.

  • Maroc : niveau de vie en hausse, mais une fracture sociale qui s'élargit

    Entre 2014 et 2022, le niveau de vie des Marocains a connu une amélioration notable, relève le Haut-commissariat au plan (HCP), notant une nette progression entre 2014 et 2019 et un ralentissement entre 2019 et 2022 du fait de la crise sanitaire du Covid-19.

  • Ramadan au Maroc : qui en profite le plus ?

    Pendant le mois de Ramadan, les dépenses moyennes des ménages marocains connaissent une hausse de 18,2 % par rapport aux autres mois de l'année, selon une étude du Haut-commissariat au plan (HCP). Les secteurs de l'alimentation, de la vente des tenues traditionnelles et des agences de voyages sont les premiers bénéficiaires de cette forte consommation

  • Pourquoi l'annulation de l'Aïd révèle la crise sociale au Maroc

    Le 26 février dernier, le roi Mohammed VI invitait les Marocains à s'abstenir de célébrer l'Aïd al-adha de cette année, prévue en juin. Un appel salué par les ménages à revenu faible et modeste pour qui le mouton est devenu un luxe inaccessible.

  • Maroc : La pauvreté recule, la classe moyenne en hausse

    Une étude récente vient contredire la perception répandue d'une société marocaine de plus en plus polarisée. Loin de s'éroder, la classe moyenne du royaume est en plein essor et la pauvreté recule.

  • Fraude fiscale au Maroc : avocats et médecins traqués

    Soupçonnant des cas de fraude, les contrôleurs fiscaux scrutent les déclarations fiscales de certaines personnes exerçant une profession libérale.

  • Tourisme au Maroc : les MRE dépensent bien plus que les touristes nationaux

    Le Maroc a réalisé des recettes touristiques record en 2024. Selon l'Office des changes, ces revenus ont atteint 112,5 milliards de dirhams, soit une augmentation de 7,5 % par rapport à l'année précédente.

  • Des médecins marocains sous haute surveillance

    Des médecins marocains exerçant dans des cliniques privées sont soupçonnés d'évasion fiscale, notamment de ne pas déclarer une partie de leurs revenus.

  • Le Maroc dessine les villes du futur

    Dans la perspective de la coupe du monde 2030 qu'elle co-organisera aux côtés de l'Espagne et du Portugal, le Maroc a lancé un appel d'offres international pour la réalisation de l'étude relative à l'élaboration du plan prospectif de développement des grands systèmes urbains au niveau national.

  • Les adolescentes marocaines face à la spirale de la violence

    Au Maroc, 70 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont subi une forme de violence au cours des douze derniers mois. Des chiffres alarmants révélés par le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son rapport publié le 25 mars 2025.

  • Autoroutes du Maroc : comment sortir du gouffre financier ?

    Le ministre de l'Équipement et de l'eau, Nizar Baraka, a déclaré que son département s'active pour mettre en place des mécanismes innovants afin d'améliorer la gestion de la société nationale des autoroutes du Maroc (ADM) qui croule sous les dettes.