Maroc : la friperie qui cachait du neuf

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Des réseaux organisés dissimuleraient des vêtements neufs dans des cargaisons de friperie importées au Maroc. Déclarées comme vêtements usagés ou aides humanitaires, ces marchandises échapperaient ainsi aux droits de douane avant d’être revendues dans les commerces.

Les services de contrôle de l’Administration des douanes ont renforcé leur vigilance aux postes-frontières et sur plusieurs axes routiers après avoir reçu des informations précises de la cellule centrale de veille et de gestion des risques.

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Les investigations portent sur des cargaisons déclarées comme vêtements de seconde main dans lesquelles seraient cachées d’importantes quantités de vêtements neufs.

Selon Hespress, ces réseaux réuniraient des commerçants, des intermédiaires et certaines associations établies à l’étranger. Les marchandises seraient parfois présentées comme des aides humanitaires destinées à des personnes démunies afin de bénéficier d’une exonération totale des droits de douane.

Une fois les cargaisons entrées au Maroc, les vêtements neufs seraient séparés des pièces usagées dans des entrepôts situés notamment autour de Tanger et de Tétouan. Ils seraient ensuite distribués progressivement à des commerces, à des prix difficiles à concurrencer puisqu’aucune taxe d’importation n’aurait été acquittée.

Les réseaux profiteraient particulièrement des périodes de soldes et des fins de saison en Europe. Ils achèteraient des stocks fortement décotés, parfois proposés à des prix inférieurs de plus de 80 % à leur valeur initiale, avant de les mélanger à des ballots de friperie.

La douane traque les entrepôts de vêtements neufs

Les nouvelles consignes adressées aux contrôleurs portent sur le suivi des itinéraires empruntés par les cargaisons suspectes, l’inspection des moyens de transport et la vérification des entrepôts utilisés pour stocker les marchandises.

Les recherches auraient également mis en évidence des liens avec des commerçants installés à Sebta et Melilla, auprès desquels les réseaux récupéreraient des stocks invendus des saisons précédentes.

Certains des intermédiaires mobilisés au Maroc seraient d’anciens acteurs de la contrebande, reconvertis après la fermeture de plusieurs points de passage traditionnels. Ils disposeraient déjà des contacts et de la logistique nécessaires pour acheminer et revendre rapidement les marchandises.

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Ce trafic prive le Trésor de recettes douanières et fragilise les professionnels marocains du textile et de l’habillement. Les commerçants qui paient normalement leurs taxes doivent en effet affronter des produits vendus à bas prix par des circuits échappant aux règles ordinaires d’importation.