Maroc : une guerre médiatique

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Latifa Akharbach, présidente de la HACA, a dénoncé une campagne de désinformation ayant visé le Maroc lors de la dernière CAN, avec contenus haineux, rumeurs, racisme et deepfakes amplifiés par les réseaux sociaux.

Le Maroc alerte sur les nouvelles guerres de l’information. À Choucha, en Azerbaïdjan, la présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle, Latifa Akharbach, a appelé à reconstruire la confiance dans les médias pour protéger la cohésion sociale et la paix.

Sur Bladi.net : Maroc : une vague de haine sur les réseaux sociaux inquiète

Lors du Forum mondial des médias, organisé du 13 au 15 juillet, elle a mis en cause le modèle économique des grandes plateformes numériques, fondé sur la captation de l’attention, l’exploitation des émotions et la logique virale. Selon elle, ces mécanismes transforment l’espace public en terrain de confrontation, où les conflits se jouent aussi par le contrôle de l’information.

Latifa Akharbach a cité un exemple marocain récent : la guerre médiatique extérieure qui aurait visé le royaume lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations. Une « machine de désinformation » aurait alors utilisé théories du complot, discours de haine, contenus racistes et faux contenus, notamment via le deepfake.

Quand le foot devient champ de bataille

Cette campagne aurait été amplifiée par les réseaux sociaux, au point de créer un climat de méfiance et d’hostilité entre le Maroc et le Sénégal, deux pays pourtant liés par des siècles d’amitié et de fraternité, a souligné la présidente de la HACA.

Face à cette dérive, Latifa Akharbach plaide pour une responsabilité plus forte de tous les acteurs de l’espace médiatique. Elle appelle les médias à renforcer leur autorégulation, notamment dans l’usage de l’intelligence artificielle au sein des rédactions.

Elle insiste aussi sur la responsabilité des citoyens, à travers une meilleure éducation aux médias, au numérique et à l’intelligence artificielle, qui devrait être reconnue comme un droit à part entière.

La présidente de la HACA a enfin appelé à une véritable reddition des comptes des plateformes numériques mondiales. Elle estime que leurs systèmes de recommandation contribuent à la diffusion de contenus haineux et polarisants, souvent au détriment des utilisateurs des pays du Sud.

Sur Bladi.net : « La guerre médiatique marocaine contre l’Algérie a pris de graves proportions »

Pour Latifa Akharbach, réhabiliter le journalisme professionnel n’est donc pas seulement une question médiatique. C’est aussi un investissement dans la cohésion sociale, la confiance publique et la paix civile.