Maroc : le maillot « Palestine libre » mène en prison
Une affaire de t-shirts floqués, survenue dans le contexte des récentes manifestations sociales au Maroc, vient de connaître son épilogue judiciaire. Le tribunal de première instance de Rabat a condamné ce mardi 4 novembre deux jeunes hommes ainsi que le propriétaire de l’imprimerie ayant produit les vêtements.
Les deux jeunes ont écopé respectivement de deux et quatre mois de prison ferme, tandis que le propriétaire de l’imprimerie a été condamné à un mois de prison. Ils étaient poursuivis en état d’arrestation, notamment pour « port de slogans incitatifs ».
Les faits remontent au 6 octobre dernier. Les deux étudiants avaient été interpellés sur l’avenue Mohammed V à Rabat lors d’un rassemblement du mouvement « Gen Z 212 ». Ils portaient des maillots de l’équipe nationale marocaine sur lesquels ils avaient fait imprimer les slogans : « Palestine libre » et « L’éducation et la santé sont un droit pour tous ». L’enquête avait rapidement conduit à l’arrestation du propriétaire de l’imprimerie.
Un verdict dans un contexte de forte contestation sociale
Cette affaire judiciaire s’inscrit dans un climat de tensions au Maroc. Un mouvement de contestation sociale, mené par le collectif « Gen Z 212 », a débuté le 27 septembre après la mort de huit femmes enceintes à l’hôpital public d’Agadir, faute de soins appropriés.
Ces manifestations, réclamant des droits sociaux, ont été marquées par de violents affrontements. Les troubles, les plus importants depuis ceux du Rif en 2016, ont fait 3 morts et 400 blessés à travers le pays, et ont donné lieu à des scènes de pillage et d’incendie de biens publics et privés.