Le rappeur franco-marocain Maes impliqué dans un projet d’enlèvement et de torture à Marrakech
La chambre criminelle de première instance de Tanger affirme que le rappeur franco-marocain Maes interpellé le 22 janvier 2025 au Maroc, où il s’était réfugié après avoir fui Dubaï, est impliqué dans une affaire d’incitation au meurtre d’un homme à Marrakech, aux côtés de neuf autres accusés.
Une communication de Maes avec le chef d’un gang, propriétaire d’un café-chicha à Fès, est à l’origine des révélations. Dans cette communication, le rappeur l’aurait chargé d’élaborer un plan d’enlèvement et de torture d’une personne à Marrakech, en attendant son arrivée au Maroc, à la suite d’un différend personnel survenu entre eux en France. Des révélations visiblement confirmées lors de l’audition de Walid Georgey, alias Maes. Le rappeur a en effet reconnu avoir eu un litige avec la victime présumée. À l’en croire, celle-ci lui réclamait une part des recettes de soirées musicales qu’il organisait dans plusieurs pays. Par la suite, le conflit s’est ensuite déplacé au Maroc.
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Maes sera arrêté à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, à son arrivée à bord d’un jet privé en provenance de Dubaï. Il comptait se réfugier au Maroc après avoir fui Dubaï. Mais un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre en octobre 2023 par la justice française. Il était recherché pour son absence à un procès où il était accusé de violences en réunion. Ces faits remontent à 2018. En juin 2024, il avait été condamné par contumace à dix mois de prison et 10 000 euros d’amende. Mais le jeune artiste, originaire de Sevran, avait choisi l’exil à Dubaï, prétextant des menaces sur sa personne.
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Les neuf autres accusés – parmi eux des agents de sécurité privés (videurs)- impliqués dans l’affaire d’incitation au meurtre d’un homme à Marrakech sont eux aussi entre les mains de la justice marocaine. Six d’entre eux sont actuellement incarcérés à la prison de Tanger 2, tandis que les trois autres sont poursuivis en liberté provisoire. De graves chefs d’accusation pèsent sur eux : constitution d’une organisation criminelle, tentative de meurtre avec préméditation, enlèvement et séquestration, coups et blessures volontaires avec arme, possession illégale d’armes, trafic international de stupéfiants et exportation non autorisée, etc.
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Cette bande criminelle s’était réunie dans un café de Tanger pour planifier l’enlèvement avant de se rendre à Marrakech pour trois jours. Alors qu’ils ont réussi à intercepter la victime dès sa descente de sa voiture de luxe et s’apprêtaient à s’enfuir avec, les malfaiteurs ont été freinés dans leur élan par des forces de l’ordre. Celles-ci sont intervenues rapidement pour déjouer l’opération et arrêter les agresseurs.
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La découverte, dans un téléphone, de photos de grandes quantités de haschich et d’armes à feu, ainsi que de conversations prouvant une tentative d’achat d’un pistolet et d’un fusil d’assaut, et d’une photo d’un avis de recherche émis par la Direction générale de la sûreté nationale, capturée à partir de l’écran d’un bureau administratif a conduit à l’arrestation de l’un des principaux suspects, propriétaire du café-chicha. Cet homme est propriétaire de plusieurs biens, dont une villa de luxe, des voitures et des motos, l’une d’elles achetée pour un membre du gang, révèle l’enquête menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ).