Maroc : des malades mentaux abandonnés au bord de l’autoroute ?

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : Farid Laamoudi

Des personnes souffrant de troubles psychiques ou mentaux auraient été déplacées depuis certaines villes marocaines puis abandonnées sans prise en charge dans d’autres localités, voire à proximité de l’autoroute. Une association réclame l’ouverture d’une enquête indépendante.

L’Association marocaine de santé psychique et mentale s’inquiète d’informations diffusées ces derniers jours dans les médias et sur les réseaux sociaux. Celles-ci font état de personnes atteintes de troubles psychiques qui auraient été transportées puis laissées en situation d’errance à Taroudant, Inezgane, Berrechid et dans des zones proches de l’autoroute.

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L’association précise ne disposer, à ce stade, d’aucun élément permettant de confirmer l’ensemble de ces faits ou d’identifier les éventuels responsables. Elle estime cependant que la répétition et la gravité de ces témoignages justifient une enquête sérieuse et transparente.

De telles pratiques, si elles étaient confirmées, pourraient constituer une atteinte aux droits fondamentaux et à la dignité de personnes particulièrement vulnérables.

Des patients, pas un problème à déplacer

L’association rappelle que les personnes atteintes de troubles psychiques ou mentaux sont des citoyens disposant des mêmes droits que les autres. Elles ne peuvent pas être considérées comme une charge dont une ville pourrait se débarrasser en les transférant ailleurs.

La législation marocaine et les conventions internationales leur garantissent notamment l’accès aux soins, à la protection sociale et à un accompagnement respectueux de leur dignité.

Plusieurs vidéos diffusées en ligne montrent par ailleurs des personnes en état de détresse psychique causant des dégradations ou perturbant l’espace public. L’association met en garde contre l’utilisation de ces images pour alimenter la peur, la stigmatisation ou justifier leur exclusion.

Ces scènes témoigneraient surtout, selon elle, des insuffisances de la prise en charge médicale et sociale, ainsi que du manque de structures capables d’accompagner durablement ces patients.

L’organisation demande aux autorités compétentes d’établir la réalité des faits, de déterminer les responsabilités éventuelles et de renforcer les services de santé mentale, les dispositifs d’hébergement et les mécanismes de réinsertion sociale.

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Elle se dit également prête à travailler avec les institutions concernées afin de construire des solutions durables fondées sur une approche médicale, sociale et respectueuse des droits humains.