Le Maroc négocie des missiles de 430 km : Madrid invoque l’OTAN pour Sebta et Melilla
Le Maroc négocierait l’achat de missiles balistiques et d’un nouveau bouclier antiaérien israélien. Interrogé sur ces projets, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, invoque la protection de l’OTAN et de l’Union européenne pour Sebta et Melilla.
« La sécurité et la défense de toute notre intégrité territoriale sont garanties par l’OTAN et notre appartenance à l’Union européenne. » Mercredi 21 octobre, José Manuel Albares répond ainsi sur la télévision publique espagnole à une question sur les futurs armements marocains, rapporte RTVE.
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Deux programmes sont évoqués par la presse espagnole. D’abord les missiles balistiques israéliens LORA, dont le fabricant annonce une portée pouvant atteindre 430 kilomètres. Ensuite, le système antimissile « Fronde de David », destiné à intercepter des menaces aériennes. Rabat négocie ces acquisitions, selon les informations publiées ces dernières semaines.
Pour Madrid, la question dépasse les capacités de ces armes. Interrogé sur la sécurité de Sebta et Melilla, Albares affirme avoir reçu un soutien européen « sans réserves ».
Une garantie politique, une particularité juridique
Le traité de l’OTAN prévoit, à l’article 5, la défense collective des alliés en cas d’attaque armée. Son article 6 fixe un périmètre géographique qui ne mentionne pas expressément les villes espagnoles situées en Afrique. Il couvre également certaines attaques visant des forces, navires ou aéronefs alliés en Méditerranée.
En septembre, un haut responsable de l’OTAN avait assuré que les alliés soutiendraient politiquement Madrid en cas de crise grave à Sebta ou Melilla, tout en soulignant cette difficulté d’interprétation.
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L’Union européenne possède sa propre clause d’assistance mutuelle. Son article 42, paragraphe 7 oblige les États membres à porter assistance au pays victime d’une agression armée. Albares rappelle également les mesures destinées à renforcer la présence de Frontex et la représentation des deux villes au Comité européen des régions.
Pour le bouclier « Fronde de David », les négociations marocaines comportent aussi une dimension américaine. Développé conjointement par Israël et les États-Unis, ce système nécessite une autorisation de Washington pour son exportation.