Le Maroc possède une arme que l’Espagne n’arrive toujours pas à retrouver depuis 2011
Le Maroc dispose d’une capacité militaire dont l’Espagne est privée depuis quinze ans : les lance-roquettes multiples. Selon le classement Global Firepower 2026, le royaume en possède 185, contre aucun pour son voisin. Madrid tente de combler ce retard, mais son programme d’armement rencontre de nouvelles difficultés.
185 contre zéro. C’est l’un des écarts les plus spectaculaires relevés dans la comparaison des armées marocaine et espagnole publiée ce mardi 20 octobre par Euronews. Selon les estimations de Global Firepower, le Maroc aligne 185 systèmes de lance-roquettes multiples mobiles, une catégorie d’armement absente de l’inventaire espagnol depuis le retrait des lance-roquettes Teruel en 2011.
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Les Forces armées royales disposent notamment de systèmes chinois et du PULS israélien, déjà entré en service. Ces équipements permettent de lancer des salves de roquettes contre des objectifs terrestres à différentes distances, selon les munitions employées.
Le Maroc prévoit également de renforcer cette capacité avec des lance-roquettes américains HIMARS. En avril 2023, Washington a autorisé la vente potentielle de 18 lanceurs, accompagnés notamment de missiles ATACMS et de roquettes guidées, pour un montant estimé à 524,2 millions de dollars. Ces équipements viendraient compléter les systèmes déjà utilisés par l’armée marocaine.
En Espagne, un programme militaire toujours bloqué
De l’autre côté du détroit, Madrid cherche depuis plusieurs années à reconstituer son artillerie de roquettes. Son programme SILAM devait initialement permettre l’acquisition de douze lanceurs reposant sur la technologie israélienne PULS, avec plus de 600 roquettes et une portée maximale annoncée de 300 kilomètres pour certaines munitions.
Le contrat a été annulé en septembre 2025 après la décision du gouvernement espagnol de suspendre ses achats d’armements israéliens. Une solution nationale a ensuite été proposée par les groupes Rheinmetall Expal et EM&E, avec le développement de lanceurs et de roquettes guidées fabriqués en Espagne.
Mais le projet accumule les retards. Dans une enquête publiée le 7 octobre par Infodefensa, le général Antonio Mongío Bergua, chef du commandement de l’artillerie de campagne espagnole, qualifie la situation d’« incertaine ». L’une des principales difficultés concerne la recherche d’un partenaire acceptant de transférer à l’industrie espagnole la maîtrise technologique du futur système.
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Le calendrier initial prévoyait une première démonstration dès décembre 2024 et l’équipement complet du régiment d’artillerie de lance-roquettes d’Astorga à l’horizon 2027-2028. Selon Infodefensa, ces échéances sont désormais compromises, alors que certains véhicules de commandement et de reconnaissance auraient déjà été réceptionnés.
La comparaison générale reste favorable à l’Espagne dans plusieurs domaines. Selon les données militaires de 2026 reprises par Euronews, Madrid dispose notamment d’une marine plus importante, de sous-marins et d’une aviation de combat plus nombreuse. Le Maroc conserve toutefois cet avantage particulier dans l’artillerie de roquettes, une capacité que l’armée espagnole cherche toujours à retrouver.