HIMARS, Apache, drones : un rapport suédois décrit l’avantage militaire du Maroc au Sahara
Commandé par le ministère suédois de la Défense, un rapport de la FOI estime que le Maroc dispose désormais d’un « net avantage militaire et politique » au Sahara. HIMARS, Apache et drones ont renforcé ses capacités face à un Polisario jugé incapable de le déloger par la force.
Publié le 17 juin 2026, le rapport de l’Agence suédoise de recherche pour la défense (FOI) consacre 92 pages au conflit du Sahara et à ses principaux acteurs. Son auteur, Aron Lund, analyse notamment la situation militaire en 2026 et les scénarios possibles pour les dix prochaines années.
Le document décrit actuellement des hostilités de faible intensité, difficiles à évaluer faute d’informations fiables. Le Polisario mène régulièrement des tirs de roquettes contre des positions fixes, mais ses annonces faisant état de lourdes pertes marocaines paraissent « exagérées » aux yeux de l’auteur.
En face, les Forces armées royales disposent d’effectifs et de moyens sans commune mesure. Le rapport évalue l’armée permanente marocaine à 175 000 militaires, auxquels s’ajouteraient 50 000 membres de la gendarmerie et de forces paramilitaires ainsi qu’environ 150 000 réservistes.
La modernisation engagée depuis plusieurs années a renforcé cet avantage. La FOI cite les systèmes américains M142 HIMARS acquis par le Maroc, les hélicoptères de combat AH-64 Apache, les drones turcs Bayraktar Akinci, le système antiaérien israélien Barak MX et les munitions rôdeuses SpyX.
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Selon les données du Sipri reprises dans le rapport, 64 % des importations marocaines d’armement entre 2020 et 2024 provenaient des États-Unis, contre 15 % de France et 11 % d’Israël. La FOI souligne également les liens militaires étroits du royaume avec Washington ainsi que ses coopérations avec la France, Israël et l’Otan.
Le Polisario jugé trop faible pour déloger le Maroc
Les drones occupent une place centrale dans ce nouveau rapport de force. Le Maroc les utilise pour surveiller de vastes zones désertiques et frapper des cibles à distance, ce qui réduit fortement la liberté de mouvement de la guérilla. Les drones marocains ont ainsi profondément modifié les règles du conflit au Sahara.
Les capacités exactes du Polisario restent beaucoup plus difficiles à établir. La FOI estime que ses forces pourraient compter quelques milliers d’hommes, sans chiffre certain. Elles disposeraient principalement de chars, de pièces d’artillerie, de lance-roquettes et de systèmes antiaériens anciens, issus pour l’essentiel des livraisons soviétiques à l’Algérie et à la Libye entre les années 1960 et 1980.
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Pour l’auteur, le constat est sans appel : le Polisario est « beaucoup trop faible » pour contraindre militairement le Maroc à quitter le Sahara. Sa guérilla pourrait, au mieux, servir de moyen de pression ou attirer l’attention politique internationale. Le rapport estime qu’elle ne parvient actuellement à atteindre aucun de ces deux objectifs.
Cette supériorité marocaine n’élimine toutefois pas les risques d’escalade. L’Algérie pourrait décider de fournir rapidement au Polisario des armes plus modernes, notamment des drones ou des missiles antiaériens, voire l’appuyer discrètement avec du personnel déjà formé. Rabat pourrait, de son côté, agir plus offensivement à l’est du mur de défense et y installer de nouvelles positions.
La FOI considère donc que les deux camps n’utilisent probablement pas tout leur potentiel militaire. Mais dans la configuration actuelle, les drones, les nouveaux systèmes d’artillerie et les alliances militaires du Maroc lui permettent de contrôler le terrain sans subir de pertes susceptibles de modifier le rapport de force.
Cet avantage ne garantit pas une solution politique rapide. Le rapport juge que le scénario le plus probable reste un conflit toujours irrésolu dans dix ans, mais avec un contrôle marocain encore renforcé et de mieux en mieux accepté à l’international.