Maroc : les supporters sénégalais boycottent le tribunal, une nouvelle carte dans la guerre de communication
Les supporters sénégalais détenus à Rabat refusent désormais de comparaître devant la justice, exigeant un « procès équitable ». Cette escalade s’inscrit dans une stratégie de pression médiatique qui a déjà permis à Dakar d’obtenir des décisions favorables auprès des instances sportives.
Le bras de fer judiciaire se durcit entre les ressortissants sénégalais et les autorités marocaines. Sur conseil de leur défense, les détenus ont collectivement décidé de ne plus se présenter aux convocations des juges tant que leurs droits fondamentaux ne seront pas garantis. Me Patrick Kabou, avocat du collectif, dénonce l’absence d’interprètes pour traduire les accusations et les restrictions d’accès imposées aux avocats au sein du tribunal de première instance de Rabat.
Sur Bladi.net : Football : après la finale, la guerre des mots s’envenime entre Dakar et le Maroc
Cette posture de rupture s’apparente à une manœuvre calculée pour internationaliser le dossier. Après avoir mené une campagne médiatique intense qui aurait influencé l’obtention du titre continental à Rabat et la clémence des sanctions financières infligées par la Confédération Africaine de Football (CAF), la partie sénégalaise semble réappliquer cette recette victorieuse pour tordre le bras à la justice marocaine.
Sur Bladi.net : Un supporter français pris dans l’engrenage judiciaire au Maroc
Au-delà des enjeux procéduraux, la défense met en avant la présumée urgence humanitaire pour mobiliser l’opinion. Les avocats pointent la dégradation de l’état de santé d’un des prévenus, privé de traitement médical en dépit des engagements pris. Ils exigent un suivi sanitaire immédiat pour l’ensemble du groupe, conformément aux conventions internationales sur la détention.
Pour maintenir la pression sur Rabat, les supporters observent depuis vendredi un mouvement de « jeûne et de recueillement ». Cette action vise à maintenir le dossier en haut de l’agenda diplomatique, alors qu’à Dakar on multiplie les appels à une coopération judiciaire plus transparente.