L’Algérie cherche la guerre, le Maroc joue la patience stratégique
Les récents mouvements de l’armée algérienne dans la localité d’Ich (province de Figuig) ravivent les tensions frontalières. Pour l’expert en relations internationales Ahmed Noureddine, ces manœuvres ne sont pas de simples ajustements techniques liés à la convention de 1972, mais une provocation calculée visant à entraîner le Maroc dans un conflit ouvert.
Une « opération de désinformation » massive
Alors que des bornes frontalières ont été déplacées unilatéralement début février 2026 à Ich, Ahmed Noureddine rejette catégoriquement la justification officielle ou officieuse d’une mise en œuvre technique de la convention de tracé des frontières de 1972. Pour l’expert interrogé par Al3omk,, prétendre que l’Algérie, qui ferme son espace aérien aux pèlerins marocains et mène une guerre diplomatique totale, aurait « oublié » ou toléré l’exploitation de ses terres par des Marocains pendant 50 ans relève de la « science-fiction ». Il qualifie cette justification de « grande opération de désinformation » visant à légitimer ce qu’il considère comme une spoliation, dans la lignée de l’amputation de l’oasis d’El Arja en mars 2021.
Cette action s’inscrit, selon lui, dans un « déluge hostile » systématique qui comprend :
• L’assassinat de civils (jeunes sur la plage de Saïdia, tirs frontaliers récents).
• La guerre économique et médiatique.
• L’interdiction des ports marocains aux marchandises destinées à l’Algérie.
• Les manœuvres militaires à balles réelles à proximité immédiate de la frontière.
La théorie du « choix suicidaire »
Interrogé sur les motivations d’Alger, Ahmed Noureddine analyse cette escalade comme une tentative de fuite en avant. Avec un budget militaire colossal atteignant 25 milliards de dollars cette année, le régime algérien chercherait désespérément à briser son isolement international et à masquer ses crises internes (politiques et socio-économiques) en provoquant un conflit armé.
« L’ennemi cherche à vous entraîner dans une guerre dont il choisit le moment ou le lieu », explique l’expert, qualifiant cette option de « suicidaire » pour une Algérie dépendante de la rente hydrocarbure et politiquement fracturée.
La réponse marocaine : creuser l’écart
Face à ces provocations, le Maroc oppose une patience stratégique. Rabat refuse de réagir selon le timing imposé par Alger, préférant se concentrer sur :
• La modernisation de ses Forces Armées Royales et de son industrie militaire.
• Le développement économique et technologique.
• Le renforcement de ses alliances internationales.
Selon Noureddine, le temps joue en faveur du Maroc, qui creuse l’écart de développement avec son voisin, tandis que l’Algérie s’enfonce dans une impasse politique.
L’urgence de l’internationalisation et de l’indemnisation
Malgré la pertinence de la retenue militaire marocaine, l’expert appelle l’État à sortir de sa réserve sur deux plans cruciaux :
• Sur le plan diplomatique : Il exhorte Rabat à documenter ces violations et à porter le dossier devant les instances onusiennes et internationales pour acter les agressions répétées.
• Sur le plan interne : Il insiste sur la responsabilité de l’État dans l’indemnisation des victimes. Qu’il s’agisse des agriculteurs d’El Arja (2021), de ceux d’Ich (2026), ou des expulsés de 1975, l’expert estime que la solidarité nationale doit se traduire par une réparation matérielle et morale pour chaque pouce de terre perdu et chaque préjudice subi.