Maroc : TikTok fait tomber la pastèque à 1 dirham

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Des vidéos accusant la pastèque marocaine de contenir des pesticides ou des vers ont provoqué une chute de la demande. Malgré les contrôles rassurants de l’ONSSA, le prix du fruit est tombé jusqu’à 1 dirham le kilo sur certains marchés.

Comme chaque été, la pastèque marocaine se retrouve au cœur de publications alarmistes sur les réseaux sociaux. Des vidéos partagées sur Facebook, TikTok et Instagram affirment, sans preuve scientifique, que certains fruits seraient contaminés par des pesticides, infestés de vers ou impropres à la consommation.

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Ces contenus ont fini par installer le doute chez une partie des consommateurs. Au marché de gros de Casablanca, les professionnels constatent un net ralentissement des ventes et une forte baisse du nombre de camions venant charger les récoltes.

Le prix du kilo, vendu entre 4 et 5 dirhams au début de la saison, est désormais tombé entre 1 et 2 dirhams sur le marché de gros. Il dépasse rarement 2 dirhams chez certains détaillants, sans que cette baisse suffise à relancer la demande.

La peur casse les prix

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires assure pourtant que les contrôles effectués n’ont révélé aucune anomalie. À fin juin 2026, plus de 5 600 échantillons de fruits et légumes avaient été analysés, dont 557 prélèvements de pastèques. Tous étaient conformes aux normes sanitaires en vigueur, rapporte Le Matin.

Les données européennes ne font apparaître aucun signalement concernant la pastèque marocaine depuis 2023. Sur les 625 alertes enregistrées en 2026 pour des fruits et légumes importés dans l’Union européenne, trois concernaient des produits marocains, mais aucune ne visait la pastèque.

Pour le président de la Fédération nationale des droits du consommateur, Bouazza Kherrati, la répétition de ces rumeurs pourrait servir les intérêts de certains intermédiaires. En faisant baisser la demande, ces derniers pourraient pousser les producteurs à céder leurs récoltes à des prix particulièrement bas. Cette hypothèse n’est toutefois étayée par aucune preuve formelle.

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Les professionnels appellent désormais l’ONSSA à communiquer davantage sur ses contrôles afin de rassurer les consommateurs. Ils demandent également une présence plus visible dans les marchés, alors que les agriculteurs supportent déjà les conséquences financières de cette nouvelle vague de méfiance.