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Bordeaux, ville d’exil pour les Marocains de l’armée française

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28 septembre 2006 - 06h12 - Maroc - Par:

Ils ont participé à la Libération ou combattu, sous le drapeau français, en Indochine et en Algérie. Aujourd’hui, avec la sortie du film Indigènes, on se souvient enfin d’eux.

Depuis le milieu des années 1990, c’est à Bordeaux, où se situe le tribunal des pensions militaires, que se retrouvent ces anciens soldats marocains de l’armée française. Le dispositif d’accueil des primo-arrivants (Dapa) en reçoit chaque année environ 150. En effet, pour avoir droit à leur retraite (quelque 30 e par trimestre), ils se retrouvent forcés à l’exil. Quelques mois après leur arrivée, ils peuvent alors bénéficier du minimum vieillesse (575 e par mois) et de la couverture maladie universelle (CMU). Mais cela a un prix. Ces hommes, âgés de plus de 70 ans et qui ne parlent pas français, sont obligés de vivre en France neuf mois sur douze.

« Je suis venu ici uniquement pour l’argent », explique Miloudi al-Aradi, arrivé cette année à Bordeaux. Agé de 86 ans, il a combattu dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, puis en Indochine et en Algérie. Pour Mohamed, 72 ans, qui réside au foyer Sonacotra depuis 1996 avec 170 anciens combattants, la vie loin de sa femme et de ses enfants, restés à Rabat, est « très difficile ». « Mais il faut bien faire vivre ma famille », souligne-t-il.

« Même s’ils ne se plaignent jamais, ils donnent l’impression de se réengager pour la seconde fois », souligne Hayete Bourdole, une intervenante sociale. Ils parlent en effet « de permission quand ils rentrent au Maroc ». Selon la jeune femme, « leur hantise est de mourir loin des leurs ». « Même s’ils me donnaient la moitié de ce que touchent les retraités français, je rentrerai tout de suite », souligne Mohamed.

S. d’Ambra - 20 minutes

Mots clés: Bordeaux

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