Quand les Marocains découvrent le e-sport

- 12h08 - Maroc - Ecrit par : L.A

À l’ombre des projecteurs, les sports électroniques connaissent un réel essor au Maroc. À l’heure où les autres pays militent pour en faire un sport olympique, les joueurs marocains peignent à trouver un sponsor qui les mène aux tournois mondiaux.

« Les jeux vidéo n’ont pas d’âge ! », déclare Mohamed Ezzalmadi, propriétaire du cyber Bob, le seul sur Casablanca à se spécialiser dans le « Gaming » (jeu vidéo professionnel). Le sport électronique ou le e-sport, dans le jargon des adeptes, n’existe que depuis le XIXe siècle avec l’avènement des consoles de jeux vidéo. Cette discipline désigne des parties de jeu en ligne sur Internet ou en « LAN » c’est-à-dire sur des ordinateurs reliés par un réseau local. « Au Maroc, il existe plus de 4000 gamers », précise Mohamed Ezzalmadi qui est aussi manager d’une « team » (équipe) de « gamers » (joueurs), les « MRe » pour les juniors et « mRe » pour les seniors. Des tournois mondiaux sont organisés chaque année. Pour participer aux tournois professionnels internationaux, les joueurs marocains doivent passer des qualifications au niveau national.

Cette sélection ne peut s’organiser qu’après l’achat d’une licence par un organisme ou un particulier qui va faire jouer toutes les teams nationales. Ces licences de jeu coûtent aux environs de 100.000 DH, mais le sponsor doit également assurer le transport et le séjour des gagnants. Cela induit une réelle implication et un grand investissement. « Les sponsors que nous avons précédemment sollicités n’ont qu’une réponse à la bouche : qu’avons nous à gagner ? », déplore Nawfal Akkad, joueur dans la team mRe. « Dans ce cas, toutes ces grandes firmes qui sponsorisent les tournois internationaux ne gagnent rien en retour ? », ironise Achraf Akkad, de la même team.

En effet, les tournois internationaux sont entièrement pris en charge par des multinationales qui investissent dans des joueurs qui deviennent par la suite des idoles pour les jeunes. Le phénomène de fan est très répondu dans des pays comme la France, les Etats-Unis, le japon ou encore l’Inde.

En Corée, le gaming est tellement développé que les tournois y sont diffusés en direct sur les télévisions locales. « Quand un champion national porte la casquette d’une marque ou joue avec la souris d’une autre, ce sont tous ses fans qui vont porter la même casquette et jouer avec la même souris. C’est ce phénomène qui doit être cultivé chez nous au Maroc », affirme Nawfal Akkad.

Ces joueurs marocains, fiers de représenter leur pays, n’arrivent pas à trouver un écho à leurs voix, alors que les autres pays militent pour que les sports électroniques soient intégrés aux Jeux Olympiques. Nawfal Akkad déclare : « J’ai vécu en Inde pendant trois ans et là-bas j’ai rencontré des joueurs qui vivent de leurs gains en compétitions ». Au Maroc, dans le peu de tournois qui ont vu le jour, les joueurs gagnants n’ont jamais reçu les prix promis par les organisateurs. Une lacune qui coûte beaucoup au gamers. « Dans la team, nous sommes tous étudiants et ce sont nos parents qui nous financent tous nos achats de matériel de jeu », explique Yassine Regragui, ancien participant à un tournoi mondial en 2006.

Ainsi tous ces joueurs ont des accessoires de haute technologie.
Claviers, souris, tapis de souris, casques et autres gadgets adaptés au gaming actuellement ne sont pas encore disponibles au Maroc et les gamers se voient obligés de s’approvisionner à l’étranger. L’ambiance dans l’espace de jeu est très bruyante, les équipes communiquent en criant. Mohamed Ezzalmadi répond aux gens qui se moquent de ces jeunes qui jouent encore à leur âge : « il faut d’abord mesurer leur niveau intellectuel avant de les juger ». Les gamers marocains sont jeunes, cultivés, ouverts aux nouvelles tendances technologiques. « Le jeu ne nous empêche pas d’étudier », affirme Nawfal Akkad qui poursuit actuellement ses études en France. Plus qu’un jeu, le gaming est une passion. Et plus qu’une passion, c’est une discipline qui mérite d’être encouragée.

Source : Aujourd’hui le Maroc - Mounir Siraj

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