Loto : 30 ans d’existence et 15 milliardaires

- 13h06 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le Loto fête ses trente ans d’existence et son succès ne se dément pas. A lui seul, ce jeu draine plus du quart des recettes générées par les jeux de hasard, si l’on en exclut le Pari mutuel urbain (PMU). Si le Loto fait autant rêver c’est qu’il peut faire d’un simple joueur un homme riche. Depuis son démarrage en 1978, il a fait de quinze personnes, à travers le pays, des milliardaires. Le dernier en date, un joueur de Fès, chauffeur de son état, et, qui, comme tous les gagnants, a refusé de décliner son identité.

Notre homme a empoché plus de 14,6 MDH le 1er novembre dernier, alors que le plus gros gain a été de près de 2 milliards de centimes dont a profité un joueur fassi, en 2001. Au total, et depuis la création du Loto, ce sont plus de 34 millions de gagnants qui ont remporté des lots de différents montants. Et cela fait rêver beaucoup de Marocains qui ne ratent presque aucun tirage. Il se vend en moyenne 800.000 grilles par tirage pour une mise moyenne de 18 DH.

Au total 1,736 milliard de DH ont été redistribués depuis la création du Loto à l’ensemble des joueurs sur les 2528 tirages effectués jusqu’au 24 décembre 2008, explique Omar Lahlou, directeur de la Loterie nationale, société de droit privé marocain concessionnaire du monopole de l’Etat pour la gestion et l’exploitation des jeux de hasard.

Le Loto reste cependant le plus intéressant. Avant 2000, la valeur moyenne de la cagnotte que pouvait espérer gagner un joueur était de 1,3 MDH. Aujourd’hui, le jackpot moyen se chiffre à 7,5 millions. Et si l’engouement est de plus en plus grand, c’est que la logistique, derrière, s’est nettement améliorée. 20% des recettes vont à l’Etat, 20% à la bienfaisance et 60% aux joueurs.

Entre le Loto d’hier et celui d’aujourd’hui, bien des choses ont évolué. Au départ, un seul tirage était programmé le mercredi. Ensuite, en 1985, on est passé à un second tirage chaque samedi. Et, progressivement, l’outil informatique s’est substitué au traitement manuel. C’est ainsi que parmi les dates les plus importantes depuis la mise en vente du produit, il y a la mise en place du système d’information du traitement en temps réel en 2000.

Cette solution permet aux joueurs de valider leur grille quelques minutes seulement avant le tirage. Mais tous les heureux gagnants n’ont pas profité de l’aubaine. En effet, il y a eu en 1993 un événement peu connu mais qui a marqué le Loto, remarque Mohamed Hakkou, responsable du service des opérations. Personne n’est venu chercher un gain de 3,6 MDH. Ce montant fut alors tout bonnement réinjecté dans la cagnotte.

En fait, explique M. Lahlou, le règlement du Loto est explicite : le délai de forclusion est de 6 mois. Passé d’un jour, le gain est perdu. Mais le directeur de la Loterie nationale tient à préciser que « dans le cas d’espèce, la question ne se pose même pas puisque personne n’est venu réclamer le lot ». Et d’ajouter que « le ticket est la seule preuve donnant droit au gain ».

A la Loterie nationale, on insiste sur la transparence des méthodes de fonctionnement car la commission des tirages comprend des représentants du ministère des finances, de la justice, de la Sûreté nationale... Et puis, ajoute M. Lahlou, « pour le reste, nous ne faisons pas de bénéfices car sur l’ensemble de nos ventes, 20% vont à l’Etat qui nous concède l’activité, 60% sont redistribués aux joueurs sous forme de gains et les 20% restants sont réservés au réseau, au fonctionnement et aux fondations et associations d’utilité publique dont nous sponsorisons les actions ».

Sur le fait qu’une partie du public et des joueurs redoutent, comme la rumeur le prétend, d’être « forcés » de donner une partie de leurs gains à des associations ou pour des actions de bienfaisance, le directeur de la Loterie nationale a une réponse tranchée : « S’il y a une seule personne sur laquelle on fait des pressions de ce genre, je voudrais bien qu’elle se manifeste. Mais je peux assurer le public que de tels agissements nous sont interdits par la loi. Les gagnants jouissent de la totalité de leurs gains en toute quiétude ».

Par ailleurs, la Loterie nationale a diversifié ses produits. Ainsi, le Quatro a été mis sur le marché en 2000. Puis c’est au tour du Keno (2002), du Super Keno (2005) et du Topcasino (2006). Le dernier, le Pick N’Play, a été introduit en 2007. Dans tous les cas, ces jeux font régulièrement des heureux même si les montants sont très souvent ridicules. A titre d’indication, le Keno a permis aux joueurs d’engranger des gains totalisant 90 MDH .

Source : La vie éco - Mohamed El Maâroufi

  • Quand les Marocains découvrent le e-sport

    À l'ombre des projecteurs, les sports électroniques connaissent un réel essor au Maroc. À l'heure où les autres pays militent pour en faire un sport olympique, les joueurs marocains peignent à trouver un sponsor qui les mène aux tournois mondiaux.

  • Loto, Totofoot, Quarté, casinos... En 2006

    Trois entreprises publiques et six casinos se partagent la manne. Les courses de chevaux et de lévriers ont rapporté 2 milliards de DH en 2006. Le Loto vient en tête des jeux hors courses : 11,4 millions de bulletins vendus en 2006.

  • Les recettes fiscales en hausse de 24% en 2008

    Le comportement des recettes fiscales ne cesse de surprendre, dans le bon sens du terme. Dans la Loi de finances 2008, on avait prévu 131,2 milliards de dirhams de recettes fiscales pour l'ensemble de l'exercice. A fin novembre, on avait récolté 151,2 milliards de dirhams, soit une progression de 24,3% par rapport aux onze premiers mois de 2007 et un taux de réalisation de 115,2 % par rapport aux prévisions de toute l'année 2008.

  • Immobilier : Crise ou pas crise ?

    Officiellement, le marché est au beau fixe. Officieusement, de plus en plus de promoteurs ne trouvent pas d'acheteurs à leurs logements. Analyse.

  • Santé publique : un patient coûte, en moyenne, 1367 Dh à l'Etat

    La santé n'a pas de prix, mais elle a un coût. Les hôpitaux publics reçoivent annuellement six millions de patients et le budget de fonctionnement de la Santé (ministère et hôpitaux publics) sera, en 2009, de 8,2 milliards de DH en frais de fonctionnement. En moyenne, donc, chaque patient coûtera à l'Etat 1367 DH, sachant que ce chiffre procédant d'un simple calcul arithmétique peut varier fortement à la hausse ou à la baisse selon la nature de la consultation et les soins prodigués.

  • 27 milliards de cadeaux fiscaux en 2008

    La chasse aux dérogations fiscales est l'un des grands chantiers sur lesquels repose la pérennité des recettes de l'Etat et donc la pérennité des différents projets lancés. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, leur nombre ne fait qu'augmenter. En 2008, elles sont au nombre de 392 alors qu'en 2005, on en recensait 337 au total. C'est en tout cas ce qui ressort à la lecture du tableau de bord du ministère des Finances.

  • Maroc Telecom : croissance de 7,2% en 2008

    « Dans un environnement plus difficile, Maroc Telecom réalise en 2008 une croissance remarquable de ses revenus et continue d'améliorer significativement sa rentabilité ». Les commentaires d'Abdeslam Ahizoune, président de l'opérateur historique, à l'issue de la publication des résultats, sont sans équivoque. Cette année encore, le leader national de tous les segments télécoms assure.

  • Qui sont nos touristes aujourd'hui

    Alors que le Maroc a reçu en grande pompe son huit millionième touriste, mardi 5 janvier à l'aéroport de Marrakech, pour la première fois, l'Office national marocain du tourisme (ONMT) a accepté de lever le voile sur les données qui lui servent de base pour élaborer sa stratégie de promotion dans les pays émetteurs.

  • Plus de 150 tonnes de drogues saisies en 2008

    Depuis le début de l'année, les services de sécurité et de douane ont saisi quelques 150,7 tonnes de drogues et plus de 43500 psychotropes, rapporte la direction de la migration et de la surveillance des frontières au ministère de l'intérieur.

  • Green card ya mon amour

    Sur la porte d'entrée d'un cybercafé du centre ville de Casa, on peut lire : Loterie USA, tarif : 20 DH pour les célibataires et 25 pour les couples. L'américain dreamcommence ici, par un clic et un coup de chance. Avec 5017 candidatures retenues pour 2008, les Marocains sont parmi les champions du monde de la loterie pour obtenir le visa de résident permanent au Etats-Unis. Connue sous le nom de la loterie pour l'Amérique, le programme annuel de Diversity Visa « permet la délivrance de visas de résident permanent aux personnes satisfaisant à certaines conditions d'admissibilité simples mais strictes », précise le site du Consulat américain à Casablanca.