Montluçon : laissez Fatima passer son Bac !

- 00h40 - France - Ecrit par : L.A

« Au secours ! Ne m’oubliez pas ! J’ai toujours besoin d’aide ». Voici en vrac le message essentiel que veut faire passer Fatima Charbi à tous ceux qui peuvent l’aider ou contribuer à résoudre sa crise.

Cette jeune Marocaine de 19 ans a été expulsée de France alors qu’elle est en terminale professionnelle chimie. La décision est tout simplement choquante. Aucune morale n’admet ce genre d’attitude commise à quelques mois des élections présidentielles.
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Des manifestations auront lieu tout au long de cette semaine à Montluçon. Des étudiants, ouvriers, jeunes, associations des sans-papiers et d’autres amis encore manifesteront pour essayer de rétablir cette jeune fille dans ses droits. « Depuis mon arrestation puis mon expulsion de France vers le Maroc, des manifs ont été organisées, mais tout a été arrêté, pour donner une occasion aux responsables de traduire dans les faits leurs promesses, mais en vain », a déclaré à Casablanca Fatima Charbi.

Il y a trois mois et demi, les autorités françaises ont expulsé la jeune Marocaine. Elle n’était ni clandestine, ni un danger pour le pays. Juste une simple jeune fille qui avait suivi un enseignement de quatre années de collège et quatre années de lycée professionnel (BEP et Bac pro). Elle avait rejoint ses parents en France il y a 6 ans de cela. Arrivée à la majorité, les autorités compétentes ont refusé de lui accorder un renouvellement de sa carte de séjour.

Les raisons électoralistes dont seuls les candidats de droite savent l’importance ont entraîné la rupture d’une scolarité qui représente un investissement important, non seulement de l’éducation nationale mais aussi de la commune et de la région. En fait, le sérieux de Fatima Charbi qui a été expulsée depuis le 26 octobre 2006, était reconnu par le Conseil régional de l’Allier, dans le cadre d’un « contrat jeune majeur » (disposition affectant une bourse et un suivi éducatif permettant aux jeunes adultes de terminer leurs études dans les meilleures conditions).

Plusieurs ONG avaient saisi et sollicité de manière persistante les autorités françaises responsables dans l’objectif de réparer les injustices administratives. Toutes sont restées sans suite. La jeune Fatima reste ainsi sans réponse et toutes les promesses verbales s’étiolent un peu plus chaque jour.

Le réseau Education sans frontière -Maroc- ainsi que d’autres structures ne cessent, depuis des semaines, de condamner l’acharnement des autorités à vouloir oublier un individu au nom d’une politique électoraliste avide de chiffres d’expulsion plutôt que de raisonnablement mesurer le coût de leurs actes. « En tant que citoyens et professionnels de l’éducation, nous tenons à rappeler l’extrême gravité de la décision qui consiste à retirer un adolescent du système éducatif, surtout lorsque l’élève concerné est en situation de réussite », fait préciser un communiqué du RESF Maroc.

Et d’ajouter qu’en expulsant cette jeune fille à moins de 6 mois du Bac, l’institution a décidé de briser un cycle de formation, ce qui empêche la jeune Fatima d’intégrer le monde du travail et de mettre à profit les enseignements qu’elle a reçus.

L’appel lancé par le RESF à tous les représentants de l’Etat, élus ou nommés qui ont une mission de service public, et plus précisément à Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, à Jean-François Thibault, ambassadeur de France au Maroc, est de permettre à Fatima de retourner een France d’y de terminer sa scolarité dans la dignité.

Le RESF ne s’arrête pas là, puisqu’il aide les responsables à reposer et à mettre à profit un précédent administratif et le considérer comme une jurisprudence. Il s’agit du cas de Suzilène Monteiro, élève de BEP de 18 ans, expulsée et récemment revenue en France.

En 2000, Fatima Charbi, une jeune Marocaine de 12 ans, est partie vivre avec son père, régulièrement résident en France depuis 1971. Elle a depuis normalement poursuivi ses études, de la cinquième à la terminale et doit passer au mois de juin son professionnel chimie (option qui n’existe pas au Maroc).

Arrivée à sa majorité, cette jeune lycéenne s’est vu refuser sa carte de séjour. Convoquée à ce sujet au commissariat de Montluçon le 26 octobre 2006, elle sera arrêtée sur place, mise au centre de rétention deux semaines et expulsée sur Casablanca le 13 novembre 2006.

Il est primordial pour Fatima Charbi de retrouver au plus vite son lycée professionnel de Montluçon et le cours de ses études brutalement interrompues, ce qui constitue, dans ce cas concret, la seule solution humainement envisageable.

Libération - Nouri Zyad

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