Mort de Nahel : deuxième nuit de violences en France

- 11h20 - France - Ecrit par : P. A

La mort de Nahel M., un jeune de 17 ans, tué mardi par un policier lors d’un contrôle routier à Nanterre, a suscité une vague de colère et de tensions dans plusieurs quartiers de la ville et même au-delà. À ce jour, quelque 150 personnes ont été déjà interpelées, selon Gérard Darmanin, le ministre de l’Intérieur.

Feux de poubelle, tirs d’artifices, voitures incendiées, affrontements avec les forces de l’ordre… Des violences urbaines ont été enregistrées depuis l’annonce de la mort de Nahel. Les tensions, qui ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi à Nanterre, ainsi que dans la nuit de mercredi à ce jeudi matin, se sont propagées à d’autres villes d’Île-de-France et même au-delà, dans les Yvelines, en Essonne, en Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne. Dijon (Côte-d’Or) et Colmar (Haut-Rhin) ont été aussi particulièrement secouées par des violences similaires, fait savoir Le Parisien.

Ces manifestations qui ont suivi la mort de Nahel, rappellent celles survenues après d’autres affaires similaires comme l’affaire Théo en 2017 ou l’affaire de Villeneuve-la-Garenne en 2020, ou encore l’affaire de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois en 2005. « On a tous les ingrédients classiques de la contagion telle qu’on la voit dans les phénomènes de rixe », analyse Gilbert Berlioz, sociologue de la jeunesse et des politiques sociales, précisant que « la violence est considérée comme un phénomène contagieux, une forme de maladie sociale ».

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La vague de violences soulevée par l’affaire Nahel à Nanterre n’est donc que l’expression d’un mal-être social des populations des quartiers difficiles. « Ce sont des territoires qui se ressemblent, avec la même population, le même urbanisme. Les sujets de tensions y sont multiples et s’aggravent : le chômage, les relations avec la police, avec l’école, la discrimination, la racialisation… Le terreau propice au conflit était déjà là », détaille l’expert qui craint « l’effet de répétition du scénario ».

« Il y a une forme d’exaspération chez les jeunes… Dans beaucoup de quartiers, il y a une sorte d’état gazeux qui ne demande qu’à être enflammé. Ce qu’il s’est passé à Nanterre a été l’étincelle », insiste Gilbert Berlioz qui estime que le maintien de l’ordre par les policiers est « normal et nécessaire, mais insuffisant ». Selon lui, « l’exaspération constatée ne trouvera pas une issue dans une réponse policière ». Il faut plutôt mettre en place « des politiques de longs termes » et « anticiper et s’organiser pour que ça ne se répande pas ».

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