Elle est née à Casablanca, morte à 4 ans : 39 ans après, un village français l’appelle encore « notre petite »
Trente-neuf ans après la découverte du corps d’Inass Touloub, un village français continue d’honorer cette enfant née à Casablanca. Dans un reportage publié le 23 octobre, France Inter raconte comment les habitants de Suèvres ont adopté symboliquement la fillette, à quelques jours du procès de ses parents.
Des petits ours en peluche, des cailloux blancs, des fleurs déposées au fil des années. À Suèvres, près de Blois, ces attentions racontent trente-neuf ans de fidélité. Le 17 octobre, une quarantaine d’habitants se sont encore réunis devant la sépulture. « C’est notre petite fille, c’est notre petite Inass », résume l’attachement exprimé lors de cet hommage.
Le 11 août 1987, des employés autoroutiers découvrent le corps d’une enfant de quatre ans, enveloppé dans une couverture, au bord de l’A10. Le 9 septembre, une quinzaine d’habitants assistent à ses obsèques. Le prêtre Jean Vannier prononce ces mots : « Cette petite est notre sœur ».
La fillette est née le 3 juillet 1983 à Casablanca. Elle a passé ses dix-huit premiers mois au Maroc auprès de sa grand-mère maternelle, avant de rejoindre ses parents en région parisienne, comme le rappelle Le Parisien.
Une tombe que tout un village protège depuis 39 ans
Pendant trois décennies, les habitants entretiennent la tombe de la « petite inconnue de l’A10 ». Le garde champêtre et les gendarmes surveillent également le cimetière aux anniversaires du drame, espérant une visite révélatrice. En juin 2018, une correspondance ADN avec son frère permet enfin de retrouver l’identité d’Inass.
Dans son reportage, France Inter retrouve Annick Denis, qui veille sur la sépulture. Des fleurs, des jouets et des messages arrivent de toute la France. La municipalité a inscrit la tombe au patrimoine funéraire local. « C’est sa place ici », confie cette habitante.
Raphaël Pilleboue, ancien élu communal, raconte lui aussi cette adoption collective. Sur la pierre tombale figurent désormais le prénom d’Inass et les dates de sa courte vie.
Ses parents comparaîtront du 2 au 18 novembre devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois. Plusieurs habitants espèrent assister aux audiences pour continuer d’accompagner celle qu’ils considèrent comme une enfant du village.