Nicolas Puech, qui voulait léguer sa fortune à un Marocain, inquiété par la justice
Le milliardaire français Nicolas Puech, 82 ans, un des descendants du fondateur d’Hermès, qui voulait faire de son jardinier marocain, son héritier, est visé par une nouvelle plainte déposée cette fois par la marque elle-même.
Les ennuis judiciaires s’enchaînent pour Nicolas Puech. Après la plainte déposée par Honor America Capital, une société représentant le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, l’émir du Qatar, en mars dernier dans le District de Columbia, la marque Hermès International SCA a elle-même intenté une action en justice contre le milliardaire français. « J’ai la certitude depuis longtemps que Nicolas Puech ne détient plus ses actions. […] C’est pourquoi nous avons entamé une procédure judiciaire », a déclaré à Business of Fashion Axel Dumas, président exécutif d’Hermès. La bataille judiciaire risque d’être compliquée en raison du décès de l’ancien gestionnaire de fortune de Puech. Selon Dumas, les actions ne peuvent pas être récupérées.
À lire : Un milliardaire français veut léguer sa fortune à un Marocain
Dans la plainte déposée par Honor America Capital et consultée par The New York Times, l’émir du Qatar accuse Puech d’avoir rompu son contrat pour la vente de ses actions, discuté pendant plusieurs mois et signé le 10 février. Puech détient une participation de 5 % dans le géant français de la vente au détail de luxe et il a accepté de vendre plus de six millions d’actions, négociées à 270,89 $ chacune, à la famille royale qatarie. Celle-ci a sollicité un juge pour lui ordonner d’honorer la vente et de payer 1,3 million de dollars de dommages et intérêts pour « perte de profits, coûts d’opportunité et atteinte à la réputation ».
À lire : Nicolas Puech, qui voulait léguer sa fortune à un Marocain, visé par une plainte du Qatar
L’héritier d’Hermès est accusé d’avoir retardé la vente à deux reprises. Selon son avocat, ce retard s’explique par son incapacité à accéder lui-même aux actions et à les transmettre. Auparavant, il avait déclaré aux tribunaux suisses, où il réside, que ses actions avaient disparu alors qu’elles étaient gérées par un gestionnaire de patrimoine. Hermes valait 300 milliards de dollars à la mi-février, après que le prix de ses actions a grimpé de plus de 200 % au cours des cinq dernières années, « ce qui rend une participation de 5 % incroyablement précieuse. »