Une offensive aérienne marocaine qui vise directement les hubs européens
Royal Air Maroc déploie une stratégie agressive pour quadrupler sa flotte et transformer Casablanca en hub international. L’objectif est de rivaliser avec Madrid pour le trafic transatlantique vers les Amériques d’ici 2037, soutenu par l’horizon du Mondial 2030.
La compagnie nationale marocaine a tracé une feuille de route ambitieuse visant à exploiter 200 appareils au cours de la prochaine décennie, contre une soixantaine actuellement. En s’appuyant sur la vitrine de la Coupe du monde 2030, le transporteur aspire à desservir 150 destinations mondiales. Ce plan s’accompagne d’un investissement de 1,4 milliard d’euros pour doubler la capacité de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, le positionnant comme une porte d’entrée majeure entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, s’inquiète ABC.es.
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Le vice-président de la compagnie, Amine El Farissi, souligne la position stratégique du royaume, située à la croisée des continents. « Nous sommes entre le nord et le sud, mais aussi entre l’est et l’ouest », explique-t-il, qualifiant Casablanca de « hub naturel ». Cette localisation doit permettre de connecter les flux internationaux de manière plus fluide et logique que les plateformes traditionnelles du Vieux Continent.
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L’offensive cible particulièrement le marché transatlantique, où Royal Air Maroc entend concurrencer directement des acteurs comme Iberia ou Air Europa. Après avoir renforcé ses liaisons vers New York et Miami, le transporteur lancera une ligne vers Los Angeles en juin prochain et envisage des ouvertures vers Boston et Toronto. En Amérique latine, la compagnie prévoit de densifier ses rotations vers Sao Paulo, affirmant sa volonté de capter les voyageurs reliant les deux hémisphères.
Le succès de cette expansion repose sur un avantage compétitif clé : une structure de coûts opérationnels nettement inférieure à celle de ses rivaux espagnols ou français. Cette flexibilité tarifaire, couplée à la modernisation de la flotte avec des Boeing 787 Dreamliner et 737 MAX, vise à attirer 32 millions de passagers annuels. Pour le Maroc, l’enjeu dépasse l’aviation : il s’agit de transformer son économie nationale en un carrefour logistique mondial de premier plan.