Leur peine est terminée, mais l’Algérie retient toujours des Marocains
Des Marocains ayant terminé leur peine de prison en Algérie resteraient maintenus en rétention administrative dans l’attente de leur retour au royaume. Plus de 800 dossiers sont désormais recensés et la situation vient d’arriver officiellement devant le Parlement marocain.
Le sort de centaines de Marocains bloqués en Algérie inquiète désormais le Parlement. Le député Moulay Mehdi Fatmi a adressé une question écrite à Nasser Bourita pour demander au gouvernement d’accélérer leur retour et de préciser les démarches entreprises auprès des autorités algériennes.
Le document, publié officiellement par la Chambre des représentants, fait état de plus de 800 dossiers suivis par une association marocaine spécialisée. Ils concernent aussi bien des prisonniers que des personnes toujours sous enquête, des ressortissants en attente d’expulsion et des Marocains maintenus en rétention administrative après avoir déjà purgé leur condamnation.
Plus de 600 Marocains se trouveraient actuellement dans des prisons algériennes dans des dossiers principalement liés à des tentatives de migration irrégulière. Une centaine d’autres feraient encore l’objet d’enquêtes.
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La situation la plus étonnante concerne ceux dont la peine est déjà terminée. Selon les données de l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), environ 113 personnes se trouvent soit en cours de rapatriement vers le Maroc, soit toujours placées en rétention administrative malgré la fin de leur peine.
La prison terminée, l’attente peut continuer
Le phénomène n’est pas nouveau. En juin, 34 Marocains avaient finalement pu rentrer au royaume après leur détention en Algérie. La majorité venait de terminer des peines prononcées pour séjour irrégulier, tandis que l’AMSV alertait déjà sur le cas de ressortissants restant bloqués après leur libération judiciaire.
Le retour passe généralement par la frontière terrestre fermée entre les deux pays. Les autorités algériennes conduisent les personnes concernées jusqu’au secteur de Maghnia, avant leur remise aux autorités marocaines au niveau de Zouj Bghal, près d’Oujda.
La frontière n’est alors ouverte que ponctuellement pour permettre ces transferts. Le 19 août, 49 Marocains, dont trois mineurs et deux femmes, ont ainsi été remis au Maroc. Dix autres avaient déjà emprunté le même passage une semaine auparavant, selon les données communiquées par l’AMSV.
Ces opérations successives ne suffisent toutefois pas à absorber le nombre de dossiers en attente. Au printemps, des centaines de Marocains étaient déjà signalés comme bloqués en Algérie, certains attendant simplement que les formalités nécessaires à leur expulsion soient achevées.
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Le dossier est d’autant plus sensible que les deux pays ont fermé leur frontière terrestre et rompu leurs relations diplomatiques. Les démarches doivent donc être menées par l’intermédiaire des représentations consulaires marocaines encore présentes en Algérie.
L’AMSV affirme travailler avec le ministère des Affaires étrangères ainsi qu’avec les consulats du Maroc à Alger, Oran et Tlemcen pour identifier les personnes concernées, informer leurs familles et faciliter les rapatriements.
Le député Moulay Mehdi Fatmi demande désormais à Nasser Bourita quelles mesures sont prises, en coordination avec Alger, pour « accélérer » le règlement de ces situations et garantir les droits juridiques et humains des ressortissants marocains.
Sa question, déposée le 28 août, n’a pour l’instant reçu aucune réponse officielle. Elle mentionne également des Marocains portés disparus en Algérie, autre volet des plus de 800 dossiers suivis actuellement.