Ces Marocains emprisonnés injustement en Algérie

- 14h00 - Monde - Ecrit par : S.A

Des familles marocaines souffrent ne pas obtenir des clarifications sur le sort de leurs proches disparus sur les routes migratoires ou emprisonnés en Algérie. Près de 700 Marocains, dont certains condamnés à la perpétuité, se trouvent dans les prisons algériennes.

« Nous avons recensé 682 Marocains détenus dans les prisons algériennes, dont la majorité vient de la région Béni Mellal-Khénifra. L’Oriental arrive en deuxième position », a révélé El Hassan Amari, président de l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation difficile, lors d’une rencontre organisée samedi par le Réseau marocain des journalistes des migrations au siège de la Confédération démocratique du travail (CDT), à Béni Mellal, en présence des parents de disparus, des journalistes et des défenseurs des droits humains. Dans le détail, on dénombre 5 prisonniers marocains condamnés à la perpétuité, 13 à 25 ans de prison, 14 à 10 ans. Quant aux 173 autres, ils sont actuellement en attente de rapatriement.

À lire : L’Algérie libère des prisonniers marocains et les restitue au Maroc

Des témoignages de plusieurs familles présentes lors de la rencontre, il ressort que certaines mères n’ont aucune nouvelle de leurs enfants disparus en mer ou emprisonnés en Algérie. « Certaines mères n’avaient aucune nouvelle depuis des années. Découvrir que leur fils est vivant, même en prison, c’est douloureux mais c’est aussi un soulagement », confie un bénévole de l’association. Des interventions, Al Ahdath Al Maghribia apprend que de nombreux migrants, partis vers l’Europe via l’Algérie, se retrouvent impliqués malgré eux dans des affaires de trafic de stupéfiants ou de psychotropes, instrumentalisés par des réseaux criminels transfrontaliers. « Les autorités algériennes ne font pas de distinction entre victimes et trafiquants. Elles ne les épargnent pas », a dénoncé Amari. À l’en croire, ces jeunes sont souvent incarcérés sans assistance juridique ni contact avec leurs familles.

À lire : Algérie : 60 Marocains libérés, des centaines restent prisonniers

L’association a entrepris des démarches qui ont contribué au rapatriement de 1 192 Marocains d’Algérie, 14 de Libye et 13 de Tunisie, dont plusieurs femmes. « Nous ne demandons pas un sou aux familles. Tout ce que nous faisons, nous le faisons par devoir moral », insiste Amari. Des efforts doivent être toutefois encore consentis afin de combler le vide institutionnel qui entoure la question des prisonniers marocains à l’étranger. Les familles plaident pour la mise en place d’un canal officiel d’information et d’assistance, ainsi que pour une coordination plus active pour obtenir des clarifications sur le sort de leurs proches. « Mon fils a disparu en 2021. J’ai tout tenté : plaintes, lettres, appels… mais sans réponse », se lamente Ahmed Merzouki.