Les Marocains expulsés d’Algérie en 1975 lancent un appel au roi Mohammed VI
Dans une correspondance, le président de l’Association de défense des Marocains victimes de l’expulsion forcée d’Algérie en 1975, supplie le roi Mohammed VI de défendre officiellement leur cause.
50 ans après, les Marocains victimes de l’expulsion forcée d’Algérie en 1975 réclament justice. Dans une correspondance adressée au roi Mohammed VI, leur association renouvelle leurs revendications pour la réhabilitation, la révélation du sort des disparus et l’indemnisation des familles qui ont tout perdu « du jour au lendemain ». Elle supplie le souverain d’adopter ce dossier humanitaire concernant des milliers de Marocains expulsés d’Algérie en 1975. Il lui demande de donner ses instructions pour défendre officiellement le dossier des victimes de la « marche noire », afin qu’il soit inscrit à l’ordre du jour national et international dans le cadre de l’agenda diplomatique royal.
À lire : Expulsés d’Algérie en 1975 : des Marocains réclament justice pour un "crime contre l’humanité"
L’association a également demandé au roi Mohammed VI d’instruire le pouvoir législatif et le gouvernement marocain à l’effet d’ouvrir un débat officiel sur le dossier, et de publier un document officiel de référence condamnant les actes et crimes commis par l’État algérien en 1975, afin qu’il serve de base pour plaider et défendre la cause, avec suivi et accompagnement du dossier devant les institutions, instances et forums internationaux des droits de l’Homme. Aussi, a-t-elle sollicité la mobilisation des mécanismes diplomatiques ou juridiques afin de demander à l’État algérien de reconnaître ce crime, et de travailler à la révélation du sort des personnes disparues de manière forcée, comme condition essentielle pour toute réconciliation globale et durable entre les deux peuples et pour la construction d’un avenir fraternel commun, ainsi que la réalisation de la justice et la réparation des victimes, en réhabilitant leur dignité, en restituant les droits et biens spoliés ou en les indemnisant matériellement, et en réparant leurs préjudices.
À lire : Les Marocains d’Algérie lancent un appel au roi Mohammed VI
L’association plaide en outre pour la préservation et la documentation de la mémoire collective humaine et historique, et l’intégration du dossier des Marocains victimes de l’expulsion collective forcée d’Algérie en 1975 dans les programmes éducatifs et la mémoire nationale officielle du Royaume, comme symbole de loyauté et de sacrifice, ainsi que la désignation d’une journée nationale pour commémorer l’anniversaire de l’expulsion forcée.
À lire : Ces Marocains expulsés d’Europe
Pour rappel, l’expulsion forcée est intervenue dans la matinée de l’Aïd al-Adha en 1975. Alors que le monde musulman célébrait la fête du sacrifice, près de 45 000 familles marocaines ont été chassées d’Algérie sans ménagement. Des citoyens marocains, installés légalement parfois depuis des générations, se sont retrouvés du jour au lendemain à la rue, contraints de quitter précipitamment le pays qui était devenu le leur. Parmi eux, des familles mixtes, des anciens combattants de la guerre d’indépendance algérienne, tous jetés sur les routes dans des conditions difficiles. Pour l’association des victimes, cette vague d’expulsions est une « réaction vindicative sévère » au succès éclatant de la marche verte en novembre 1975, à laquelle ont participé 350 000 Marocains et grâce à laquelle le Maroc a récupéré ses provinces du Sud sans effusion de sang.