Il pensait être le père de sa fille : une Marocaine accusée de lui avoir soutiré 60 000 euros
En Italie, une femme d’origine marocaine et son frère vont être jugés pour extorsion. Le parquet accuse notamment l’épouse d’avoir profité de la fragilité de son mari pour lui faire reconnaître l’enfant d’un autre homme et obtenir près de 60 000 euros.
Il avait reconnu une petite fille comme la sienne. Mais selon la justice italienne, l’enfant serait née d’une relation entre son épouse marocaine et un autre homme. À 61 ans, cet habitant de Cingoli, près de Macerata, affirme aussi avoir été dépouillé financièrement par sa femme. Près de 60 000 euros de versements, une partie de sa maison et des menaces présumées : le parquet vient d’obtenir le renvoi de son épouse et de son beau-frère devant un tribunal.
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L’histoire commence en 2013. Après une courte période de fréquentation, l’homme épouse une Marocaine aujourd’hui âgée de 47 ans. D’après la procureure Rosanna Buccini, celle-ci aurait rapidement compris qu’elle pouvait tirer profit de la fragilité psychologique de son mari.
Elle l’aurait d’abord convaincu de reconnaître légalement une fillette dont le père biologique serait un autre Marocain. Le parquet lui reproche ensuite de lui avoir fait signer un accord prévoyant le versement de 500 euros par mois pour son entretien. Un acte notarié établi en 2013 prévoyait également la cession gratuite d’une partie du logement conjugal.
Les versements auraient fini par représenter environ 60 000 euros. Une somme considérable pour cet homme, dont les difficultés financières étaient devenues telles qu’il devait aller prendre ses repas chez son employeur.
Un accident du travail aurait encore aggravé sa situation. Devenu incapable de poursuivre son activité professionnelle, il n’aurait pourtant pas été libéré des exigences financières de son épouse. Selon l’accusation, celle-ci le menaçait de porter plainte contre lui s’il cessait de lui verser de l’argent.
Son beau-frère également poursuivi pour extorsion
Le conflit s’est aggravé avec l’arrivée du frère de l’épouse au domicile familial. Ce Marocain de 45 ans avait été accueilli à la demande de sa sœur. Mais lorsque le propriétaire lui a demandé de quitter les lieux, les tensions ont éclaté.
D’après le parquet, la quadragénaire aurait alors menacé son mari, tandis que son frère enregistrait leurs conversations. Tous deux sont poursuivis pour extorsion.
L’épouse doit répondre d’autres accusations. Entre le 28 et le 30 mai 2023, elle avait déposé des plaintes contre son mari pour violences conjugales et manquement aux obligations familiales. La procureure estime qu’elle savait ces accusations infondées et lui reproche une dénonciation calomnieuse.
Pour les avocats du sexagénaire, le problème remonterait aux premières années du mariage. Ils ont produit des rapports médicaux décrivant leur client comme une personne « faible, facilement influençable ». Son épouse aurait exploité cette vulnérabilité pour obtenir des engagements financiers qu’il n’était pas en mesure de refuser.
Les conseils de l’homme évoquent également de longues absences de sa femme, qui aurait quitté le domicile conjugal à plusieurs reprises sans donner de nouvelles.
La défense des deux prévenus conteste cette présentation. Elle réfute notamment l’existence des déficiences psychologiques avancées par l’accusation, un élément central du dossier puisque la femme est également poursuivie pour abus de faiblesse.
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Mercredi 14 octobre, la juge Daniela Bellesi a ordonné le renvoi des deux prévenus devant le tribunal de Macerata, rapporte le quotidien italien Il Resto del Carlino. L’épouse devra répondre d’abus de faiblesse, de dénonciation calomnieuse et d’extorsion. Son frère sera jugé pour extorsion.
Le procès s’ouvrira le 1er décembre 2026. Les magistrats devront notamment déterminer dans quelles conditions le sexagénaire a reconnu l’enfant, accepté les engagements financiers et signé l’acte relatif à sa maison.