Politique : Le Maroc garde ses "éléphants"

- 00h57 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le renouvellement des élites politiques, au niveau du législatif, ne sera pas pour bientôt. Les partis politiques verrouillent leurs listes de manière à reconduire les mêmes figures.

Le renouvellement des élites politiques, du moins au niveau du Parlement, ne sera pas pour bientôt. Slogan galvaudé par l’écrasante majorité des formations politiques, la pratique démontre tout le contraire et les résultats sont édifiants. A commencer par l’actuelle majorité. Le Mouvement populaire, fort de la fusion de ses trois composantes, n’a pas d’autre choix que celui de cautionner une nouvelle candidature de son président Mahjoubi Aherdan dans son fief à Oulmès. Mais aussi son secrétaire général, Mohand Laenser à Boulemane et son S.G-adjoint, Mohamed Fadili à Nador.

Sans parler des autres « éléphants » du mouvement haraki et dont Omar Bahraoui qui essayera de rempiler à Rabat. L’USFP, l’une des charpentes de l’actuel exécutif, n’échappe pas à la règle. A l’exception de Abdelkader Bayna et Nouzha Chekrouni, tous les membres du bureau politique seront engagés dans la course à l’hémicycle. Mohamed Elyazghi se (re)présente à Rabat, Abdelouahed Radi tient à sa circonscription à Kénitra. Les socialistes ont fait mieux en optant pour des notabilités régionales ayant transité par plusieurs partis y compris les formations taxées naguère d’« administratives » par les héritiers de Abderrahim Bouabid.

Au RNI, dont le président sortant, Ahmed Osman, ne se présente pas, une source indique que 90 % des actuels députés seront cautionnés. Boudlal Mohamed Bouhdoud cherche de se faire réélire à Agadir et Abdelaziz Alaoui Hafidi veut encore amadouer les électeurs d’Outat El Hadj. Le dénominateur commun pour tous ces profils est qu’ils ont dépassé la soixantaine depuis longtemps, sont parlementaires depuis une éternité, mais ils s’accrochent à leurs sièges. Le cas le plus emblématique est celui de Abdelaziz El Ouazzani, plus que centenaire et le plus ancien parlementaire du Maroc. Ce dernier, gravement malade, est plutôt imposé par les bases du RNI à Al Hoceïma. « Ils veulent qu’il meure tout en gardant son titre de député, sinon ils jurent de ne pas aller voter », assure une source RNI. L’Istiqlal reproduit le même schéma.

Abbas El Fassi tient à se porter candidat à Larache au détriment, encore une fois, du secrétaire général de sa jeunesse. M’hamed Khalifa veut un siège à Marrakech. Abdelhamid Aouad n’en démord pas et tient à tenter sa chance à Rabat, dans la même circonscription que Mohamed Elyazghi, Abdelmajid Bouzoubaâ (patron du Parti socialiste) et éventuellement Mohamed Sassi. Mais Abderrazak Afilal a ravi la vedette en présentant sa candidature au PI accompagnée de celle de son fils. « Si cela coince pour lui, on ne pourra pas refuser la candidature de son fils », relève, non sans ironie, un jeune istiqlalien.

Au PPS, des sources assurent avoir conseillé au secrétaire général de ne pas se porter candidat. Toutefois, Ismaïl Alaoui voudrait faire l’examen des urnes, mais à Sidi Slimane.

Evidemment, inutile de signaler que Abdellah Kadiri, secrétaire général du PND, reste attaché à Berrechid. Comme Thami Khyari, patron du FFD, ne veut rien entendre et veut arracher un autre mandat dans son fief à Tamellalt, région de Kelaât Sraghna. Mahmoud Archane, chef du MDS, essayera de se faire réélire à Tiflet.

Le tout fait que les vieux leaderships ont tout calculé pour garder leurs sièges à l’hémicycle. Mieux encore, ils se réservent les places éligibles, soit les têtes de listes. Le reste des candidats est logé à des positions moins envieuses. Ce que les socialistes appellent, non sans humour, « les candidatures militantes ». Pire encore, même les nouveaux partis reproduisent le même scénario. Fruit généralement de scissions, leurs chefs ont la main haute sur les candidatures et se servent les premiers. Les seules surprises pourraient venir des partis de gauche qui n’ont pas encore tranché leurs candidatures.

Le PJD crée déjà une première avec des bases qui se rebellent contre les directives dans plusieurs régions. Lahcen Daoudi doit attendre l’aval des siens à Fès pour une nouvelle candidature. Houcine Karroumi a dû céder sa place, à Rabat, au jeune Abdellatif Benyaâkoub et même Saâd Eddine El Othmani a dû plier devant la ténacité des bases du PJD qui le veulent candidat à Inezgane. Les listes féminines n’ont pas non plus échappé au « j’y étais, j’y reste ». Dans la totalité des partis, les mêmes candidates en 2002 cherchent à diriger ces listes. Non sans crier d’inconfortables situations pour la hiérarchie et, entre autres, au PPS où Nouzha Skalli a de nouveau déclaré la guerre, mais cette fois contre Kajmoula Bent Abbi.

Ce sera, quelque part, l’essentiel de l’« offre politique » en septembre 2007. Cette même offre qui sert de facteur de répulsion à 45% des 17% de ceux qui ont l’intention de s’abstenir, selon un sondage du ministère de l’Intérieur.

Aujourd’hui le Maroc - Mohamed Boudarham

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