« Pratiquement sans nous en rendre compte » : un historien espagnol imagine Sebta et Melilla marocaines

- 20h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

À Madrid, l’historien espagnol Juan Eslava Galán estime que Sebta et Melilla pourraient un jour passer sous souveraineté marocaine. Il imagine d’abord une gestion partagée des deux villes et mise sur l’influence croissante de Rabat auprès des États-Unis.

« Pratiquement sans nous en rendre compte. » C’est ainsi que Juan Eslava Galán envisage le passage éventuel de Sebta et Melilla sous souveraineté marocaine. Interrogé lundi 26 octobre à Madrid lors de la présentation de son nouveau livre, l’écrivain espagnol a exposé un scénario de transition progressive.

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Selon l’agence Europa Press, l’auteur imagine que Madrid pourrait d’abord accepter une formule de souveraineté partagée avec Rabat. Il considère que l’évolution démographique des deux villes finirait ensuite, à ses yeux, par favoriser leur rattachement au Maroc.

Dans son ouvrage, il évoque la possibilité de pressions marocaines en faveur d’une gestion conjointe. Ce processus conduirait, selon son analyse, à une transformation graduelle du statut des deux villes sous souveraineté espagnole.

Pourquoi il pense que Washington choisirait Rabat

Pour expliquer sa prévision, l’historien insiste sur les relations stratégiques entre le Maroc et les États-Unis. Il affirme que Washington soutiendrait Rabat même en cas de conflit avec Madrid, et considère que le poids du Maroc en Afrique renforcera cette proximité.

Eslava Galán prend pour exemple la guerre d’Ifni, en 1957. Selon son récit, les Américains avaient alors interdit à l’Espagne d’utiliser certaines armes fournies par Washington, obligeant l’armée espagnole à recourir à d’autres équipements.

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Ces déclarations accompagnent la sortie de La Guerra Fría contada para escépticos, publié par Planeta le 21 octobre. L’écrivain y consacre un appendice au Maroc, en reliant les rapports de force actuels aux héritages de la guerre froide.

Il estime également que le Maroc et l’Égypte occuperont une place majeure dans les relations entre Washington et le continent africain. Une évolution qui, selon lui, renforcerait encore le poids diplomatique de Rabat face à Madrid.