Il prétend avoir emprunté 40 000 € à un proche : celui-ci révèle que l’argent venait de lui-même

- 06h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Un homme d’origine marocaine a été condamné aux Pays-Bas après avoir financé l’achat d’une maison grâce à 76 000 euros d’origine criminelle. Deux connaissances avaient fait transiter l’argent par leurs comptes bancaires. Les juges ont démonté l’explication des prêts privés avancée par l’acheteur.

En avril 2019, un homme né au Maroc en 1980 achète une maison aux Pays-Bas. Pour financer l’opération, il contracte un crédit immobilier de 70 000 euros et apporte 96 606 euros de fonds personnels. Parmi ces sommes figurent deux virements de 40 000 euros reçus de deux connaissances. Six ans plus tard, l’origine de cet argent le conduit devant le tribunal de Breda, qui vient de le condamner pour blanchiment.

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Les enquêteurs découvrent que les deux hommes ayant effectué les virements avaient auparavant déposé d’importantes sommes en espèces sur leurs propres comptes bancaires. Les versements, réalisés en plusieurs fois, comportaient notamment des billets de 200 et 500 euros. Leur montant ne correspondait pas aux habitudes financières des intéressés.

Interrogé sur ces transferts, l’acheteur explique avoir emprunté l’argent à un membre de sa famille et à un ami. Il présente deux contrats de prêt pour appuyer ses déclarations. Problème : les documents ne prévoient aucun intérêt ni calendrier précis de remboursement. Les deux prétendus prêteurs auraient ainsi engagé presque toutes leurs économies sans contrepartie financière.

Un témoignage fait tomber la version des prêts

L’un des intermédiaires livre une explication particulièrement embarrassante lors de son audition du 2 juin 2021. Il déclare avoir reçu les espèces directement du futur propriétaire, avec pour instruction de les déposer sur son compte avant de les lui reverser par virement bancaire.

L’homme revient ensuite sur ses déclarations, mais les magistrats retiennent cette première version, jugée plus détaillée et cohérente avec les mouvements bancaires. Le propriétaire ne parvient pas à fournir d’explication convaincante sur l’origine licite des fonds.

Dans leur jugement du 5 novembre 2026, les magistrats retiennent finalement 76 000 euros de blanchiment, et non les 80 000 euros initialement suspectés. Pour l’un des deux virements de 40 000 euros, seuls 36 000 euros de dépôts préalables en espèces ont pu être établis.

L’enquête révèle également que l’acheteur a ensuite mis sa maison en location, contrairement aux engagements pris auprès de sa banque. Les juges considèrent qu’il a utilisé un montage bancaire destiné à dissimuler l’origine criminelle d’une partie des fonds investis dans l’immobilier.

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Le tribunal condamne l’homme à 200 heures de travail d’intérêt général, avec 100 jours de détention de remplacement en cas de non-exécution. La peine aurait été de 240 heures si la procédure n’avait pas dépassé de plus de quatre ans le délai raisonnable de jugement. Une procédure distincte portant sur la confiscation des avantages financiers a également été examinée.