Proche du Maroc, Israël tranche pourtant sans ambiguïté sur Sebta
Malgré sa proximité avec le Maroc, Israël affirme ne pas sacrifier sa relation avec l’Espagne. Sa représentante à Madrid assure également que son pays n’a « aucun doute » sur celui qui contrôle Sebta.
La position a été exprimée ce jeudi 10 septembre par Dana Erlich, chargée d’affaires d’Israël à Madrid, lors d’un débat organisé par . La diplomate était interrogée sur les relations étroites entretenues par son pays avec le Maroc et sur les tensions actuelles avec le gouvernement de Pedro Sánchez.
« Israël n’a aucun doute sur qui exerce le contrôle à Sebta », a déclaré Dana Erlich. Elle a rappelé avoir elle-même effectué l’une de ses premières visites dans la ville après son arrivée en Espagne.
Sur Bladi.net : Un célèbre éditorialiste américain appelle l’Espagne à rendre Sebta au Maroc
Dana Erlich a parallèlement défendu la relation privilégiée unissant Israël au Maroc. Elle a évoqué ses racines historiques, liées à l’importante communauté israélienne d’origine marocaine, ainsi que son renforcement depuis la reprise des relations diplomatiques dans le cadre des accords d’Abraham en 2020.
Israël accuse Sánchez d’utiliser Sebta comme diversion
Cette proximité ne signifie pas qu’Israël abandonne l’Espagne, a-t-elle insisté. La diplomate a qualifié ce pays d’« allié important et historique », tout en reconnaissant le profond désaccord de son gouvernement avec la politique menée actuellement par Madrid.
Elle a surtout vivement répondu à Pedro Sánchez, qui avait accusé Israël d’avoir diffusé de fausses informations autour de la crise de Sebta. Dana Erlich estime que le gouvernement espagnol utilise son pays comme une « diversion » afin de détourner l’attention de la controverse sur l’organisation des 72 000 passages depuis le Maroc.
Sur Bladi.net : Dix jours après la visite de Sánchez en Algérie, les forces marocaines « changent d’attitude »
La représentante israélienne a également dénoncé ce qu’elle considère comme une politique dirigée « contre Israël », au-delà du soutien espagnol aux Palestiniens. Selon elle, la reconnaissance de l’État palestinien par Madrid et les autres initiatives adoptées par le gouvernement Sánchez n’ont amélioré la situation ni des Palestiniens ni des Israéliens.
Pour retrouver des relations normales avec l’actuel gouvernement espagnol, Israël réclame désormais un changement de discours, de politique et de déclarations. Dana Erlich estime néanmoins que l’Espagne pourrait redevenir un pont diplomatique avec Israël, à condition de renouer avec les visites officielles et le dialogue politique de haut niveau.