Dix jours après la visite de Sánchez en Algérie, les forces marocaines « changent d’attitude »
Des rapports espagnols déclassifiés établissent un lien possible entre le déplacement de Pedro Sánchez en Algérie et le relâchement des contrôles marocains lors de la crise migratoire à Sebta.
La visite du président du gouvernement espagnol à Alger, le 20 juillet, n’était pas passée inaperçue au Maroc. Dix jours plus tard, le renseignement militaire, la Police nationale et la Guardia Civil constataient tous un changement dans le comportement des forces marocaines à la frontière de Sebta.
Un rapport du Centre de renseignement des forces armées espagnoles (Cifas), daté du 30 juillet à 13 heures, juge « très probable » que les autorités marocaines n’aient pas activement provoqué les arrivées massives. Il estime toutefois qu’elles ont agi jusque-là de manière « négligente et passive », rapporte l’agence EFE.
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Le document n’exclut pas l’existence d’un « certain niveau de mécontentement » au Maroc après le déplacement de Sánchez en Algérie. Il envisage également que Rabat puisse chercher à exploiter la situation créée à Sebta au bénéfice de ses intérêts stratégiques.
Un relâchement observé à la frontière
La Guardia Civil aboutit à un constat similaire. Alors que les autorités marocaines collaboraient les jours précédents, elles auraient commencé, à partir du 30 juillet, à laisser les candidats au passage se rapprocher de la frontière. Un autre document évoque explicitement un « changement d’attitude » des forces de sécurité marocaines.
Les agents auraient notamment évité toute attitude répressive le jour de la fête du Trône. La Guardia Civil mentionne une possible connivence en réaction à des événements politiques, parmi lesquels le voyage de Sánchez à Alger. Ce constat complète un précédent rapport de la police espagnole accusant des agents marocains d’avoir guidé les passages.
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Le Centre national de l’immigration et des frontières avait déjà alerté, dès le 29 juillet, sur un « possible relâchement temporaire du contrôle frontalier marocain ». Les services espagnols redoutaient alors une dégradation rapide : le Cifas jugeait « presque certaine » l’activation des forces armées espagnoles à très court terme, tandis que la police évoquait un « risque d’effondrement extrême ».