72 000 passages depuis le Maroc : l’Espagne sort la carte militaire à Ceuta

- 06h00 - Espagne - Ecrit par : Said A.

L’Espagne vient de modifier le dispositif exceptionnel mis en place à Ceuta après les passages massifs depuis le Maroc. Un nouveau décret maintient la possibilité de mobiliser les moyens de surveillance, de transport et de communication de l’armée, mais change plusieurs installations pouvant être utilisées.

Madrid ajuste son dispositif à Ceuta une semaine seulement après l’avoir adopté. Le gouvernement espagnol a publié mercredi 2 septembre un nouveau décret précisant les ressources pouvant être mobilisées dans la ville dans le cadre de la situation d’intérêt pour la sécurité nationale.

La mesure intervient après la réunion exceptionnelle de Pedro Sánchez avec l’armée et les services de renseignement espagnols organisée à la suite des entrées massives des 30 et 31 juillet depuis le Maroc.

Selon le décret royal 718/2026 publié au Bulletin officiel de l’État, le ministère espagnol de la Défense peut continuer à fournir à Ceuta des capacités humaines, logistiques et sanitaires, mais aussi des moyens de transport, de surveillance, d’infrastructure, d’hébergement et de communications.

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Ces capacités avaient déjà été prévues dans le premier décret du 26 août. La nouveauté porte surtout sur les installations concrètes que Madrid pourra désormais utiliser pour gérer la crise.

Le camp militaire K8 entre dans le dispositif

Parmi les changements figure l’ajout de terrains situés dans l’acuartelamiento K8, une installation militaire de Ceuta. Le gouvernement pourra également utiliser deux parcelles de l’extension occidentale du port ainsi que des terrains à Loma Colmenar.

Restent également disponibles plusieurs propriétés du ministère espagnol de la Défense : des terrains de Loma Margarita, des installations de la Hípica et l’ancien terrain de football du quartier de cavalerie.

Madrid retire en revanche plusieurs sites qui figuraient encore dans le texte adopté le 26 août. Une ancienne usine de farine appartenant à la Défense et des terrains inutilisés de l’acuartelamiento Coronel Fiscer disparaissent notamment de la liste.

Plusieurs installations sportives ne seront finalement pas mobilisées non plus, tout comme l’espace de l’ancien hôpital militaire qui avait été mis à disposition de la ville.

Le gouvernement justifie ces changements par la découverte d’emplacements alternatifs susceptibles d’être utilisés plus rapidement et avec moins de conséquences sur la vie quotidienne des habitants de Ceuta.

La présence de l’armée dans le dispositif reste toutefois importante. L’Espagne avait déjà envoyé plus de 150 militaires supplémentaires à Ceuta depuis les Canaries pour renforcer les unités présentes dans la ville.

Madrid refuse parallèlement de préciser tous les moyens de surveillance effectivement engagés. L’état-major espagnol n’a notamment toujours pas confirmé si ses drones MQ-9 Predator B participent à la surveillance autour de Ceuta.

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Le nouveau décret prend effet immédiatement, depuis le 2 septembre. Il intervient alors que la crise de Ceuta reste particulièrement sensible dans les relations avec le Maroc. Un rapport de la Police nationale espagnole, mais démenti depuis, affirme désormais que les 72 000 passages enregistrés fin juillet n’auraient pas été entièrement spontanés.