À Rabat, personne ne le presse d’acheter : un journaliste étranger se demande où sont les touristes

- 00h00 - Maroc - Ecrit par : Farid Laamoudi

Un journaliste du quotidien émirati The National s’étonne de voir Rabat attirer si peu de touristes par rapport à Marrakech. Les chiffres officiels confirment un écart considérable entre les deux régions, alors que la fréquentation touristique progresse pourtant beaucoup plus rapidement autour de la capitale.

Un verre de jus de grenade à 10 dirhams, des commerçants davantage intéressés par les discussions de football que par la vente et une ville où l’on peut se promener tranquillement. Dans un reportage publié le 5 novembre, Alexander Christou, journaliste de The National, raconte sa découverte de Rabat. Séduit par la capitale marocaine, il peine à comprendre pourquoi les visiteurs lui préfèrent si largement Marrakech.

Sur Bladi.net : Pourquoi Rabat est en train de détrôner Marrakech dans le cœur des voyageurs

Les derniers chiffres du Haut-Commissariat au Plan donnent la mesure de cet écart. En 2025, la région Rabat-Salé-Kénitra a enregistré 1,681 million de nuitées touristiques, contre 16,588 millions pour Marrakech-Safi, soit près de dix fois moins. Ces données concernent les établissements touristiques classés de chacune des deux régions administratives.

Mais la dynamique est différente. Les nuitées ont augmenté de 15 % dans la région de Rabat entre 2024 et 2025, contre seulement 3,5 % dans celle de Marrakech. La capitale et ses environs affichent ainsi une croissance plus de quatre fois supérieure, tout en conservant un volume d’activité nettement inférieur.

Ce qui surprend le journaliste étranger à Rabat

Au fil de ses deux journées sur place, Alexander Christou découvre la tour Hassan, le mausolée Mohammed V, les vestiges du Chellah et la kasbah des Oudayas. Dans la médina, il apprécie particulièrement l’ambiance des marchés, où les commerçants lui semblent moins insistants qu’ailleurs. Il décrit aussi les jardins et les larges avenues arborées qui donnent à la capitale son caractère paisible.

Le journaliste s’arrête également à The English Bookshop, une librairie tenue depuis 1985 par Mohammed Belhaj. Surpris par une averse, il s’y réfugie et repart avec un roman recommandé par le libraire. Son itinéraire se poursuit au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, avant une visite du belvédère de la tour Mohammed VI, accessible pour 250 dirhams.

Sur Bladi.net : Tour Mohammed VI de Rabat : Voici le prix de la visite

La comparaison des chiffres révèle une autre particularité : malgré sa croissance moins rapide, Marrakech-Safi a gagné 555 000 nuitées en 2025, contre 219 000 pour Rabat-Salé-Kénitra. En volume, l’écart entre les deux régions s’est donc encore creusé de 336 000 nuitées en un an.