Raouf Oufkir

- 23h12 - Ecrivains - Ecrit par : Said A.

Je suis né, j’ai grandi et ai été éduqué au cœur du pouvoir Marocain. Ce même pouvoir qui nous enverra ma famille et moi pendant près de vingt ans dans ses prisons secrètes.

De l’âge de 15 à 34 ans, j’ai connu l’enfermement dont dix dans l’isolement absolu. Mon récit commence le jour de mes vingt ans. C’est à cette date qu’on me sépare des miens, après cinq années dans une épouvantable prison commune. C’est pour moi le début d’une solitude qui va durer un peu plus de dix ans. Pour lutter contre la folie, je vais apprendre à survivre en revisitant ma vie dans les moindres souvenirs.

Je revois, comme si c’était hier, l’assassinat de mon père le 16 août 1972, son enterrement, les quatre mois de résidence surveillée dans notre domicile de Rabat, notre incarcération le 24 décembre 1972, les trois lieux où nous avons été détenus... Mais aussi les grands événements qui ont marqué mon pays : tentatives de coup d’Etat, révolutions de palais, affaire Ben Barka... Vingt années de souffrance et de solitude que je raconte pour la première fois, pour briser le silence et tenter de comprendre cette effroyable injustice." » (présentation de l’éditeur)

Il y a deux armes pour survivre : s’accrocher à son identité, à ce que l’on a été avant, et cultiver le rêve. On se raconte des histoires... On est contraint de se créer un monde. On s’invente la vie que l’on n’a pas eue. On est dans un virtuel fait d’imaginaire et de fantasmes.

Le risque, en laissant courir son imagination, c’est effectivement de perdre pied. C’est pour cela que le souvenir est tout aussi important. En fait, on arrive à trouver un équilibre en alternant les moments consacrés à l’imaginaire et ceux pendant lesquels, au contraire, on s’accroche à ses souvenirs, à sa vie quotidienne d’avant, aux détails du passé.

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