Recherches cliniques, le Maroc encore à la traîne

- 17h03 - Maroc - Ecrit par : L.A

Les chiffres parlent d’eux même. Un pays comme le Maroc lance seulement dix-neuf projets de recherche malgré son fort potentiel de patients évalué par tête d’habitant (plus de 32 millions d’habitants). Un chiffre qui est nettement moins important par rapport à la Tunisie qui compte à son actif 37 projets avec moins d’habitants.

L’Egypte arrive en deuxième position en Afrique avec 78 projets, après l’Afrique du Sud qui en est à 676 projets. A l’échelle européenne, la Suède, premier pays dans le monde qui investit dans le domaine de la recherche et développement, représente 5% de part du marché mondial dans la recherche clinique, alors qu’elle consomme à peine 0,5% de médicaments.

Pourtant, face à la compétition internationale croissante en matière de localisation d’essais cliniques, la hausse de sa consommation, le Maroc devrait développer la recherche clinique, valoriser ses atouts et renforcer sa position à l’échelle internationale sur ce marché qui augmente de 15% annuellement.

C’est dans ce cadre que le groupe suédois a+Science, en partenariat avec KI2, société de recherches cliniques basée à Casablanca et la faculté de médecine de Marrakech, a organisé récemment un symposium international sur les essais cliniques dans les locaux de la faculté de médecine à Marrakech. Selon Ahmed El Rhali, du département de gestion des données, société a+ Science, « pour le moment, le Maroc n’est pas très attractif pour la recherche clinique ». Et pour cause, la pratique des essais cliniques est régie par des lois nationales et internationales extrêmement rigoureuses et strictes.

Pour permettre au Maroc d’être à la pointe dans ce domaine, il faudrait une volonté politique », indique El Rhali. Selon lui, il faut soutenir les points forts de la recherche dans notre pays, « à savoir des chercheurs bien formés, riches d’expérience internationale, fortement motivés et pleins d’enthousiasme pour relever les défis ». Le manque de ressources humaines qualifiées en santé est aussi un obstacle majeur au développement de la recherche clinique au Maroc. Il est donc nécessaire de résorber cette carence en personnel compétent, ajoute El Rhali.

La recherche clinique permet de faire bénéficier les malades des avancées. Son maintien et son développement sont essentiels pour garantir l’accès aux soins de haute technologie qui accompagneront les médicaments de demain.

Ainsi, le colloque, qui s’est adressé aux médecins chercheurs marocains, s’est donné pour objectif de compléter l’expérience pratique de ces derniers par des connaissances nouvelles. Autre objectif, promouvoir ce domaine auprès des partenaires, des professionnels de la santé et des instances. Une occasion de donner un aperçu sur les outils méthodologiques, actualisés et plus efficients à l’investigation biomédicale, la réglementation nationale et internationale et les questions éthiques sous-jacentes à toute démarche de recherche clinique. « Derrière tous ces objectifs, nous souhaitons attirer les investisseurs suédois de cette filière vers le Maroc », conclut Mathieu Ouedraogo, directeur de KI2.

Leçons suédoises

Rappelons que le groupe a+Science est l’un des leaders mondiaux dans la recherche clinique, dont le siège est à Göteborg (Suède). Il a signé un partenariat nord-sud avec KI2, partenaire local, dans le but de promouvoir la recherche clinique au Maroc. Pour le symposium de Marrakech, le groupe a mobilisé 80 personnes dont des professeurs mondialement réputés pour donner des cours à l’intention des médecins chercheurs marocains.

L’Economiste - Hanane Hassi

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