La Russie vise presque le double de poissons (100 000 tonnes) dans les eaux du Maroc
Au départ de Casablanca, un navire scientifique russe vient d’entamer une mission de 45 jours pour évaluer les réserves de poissons marocaines. Les résultats de cette campagne, menée avec deux chercheurs du Royaume, serviront à déterminer les futurs volumes de pêche.
La Russie envisage de porter ses captures annuelles dans les eaux marocaines à 100 000 tonnes, contre un quota de 54 000 tonnes en 2026. Cette perspective, qui représenterait une hausse de 85 %, a été confirmée mercredi 28 octobre par l’Agence fédérale russe de la pêche, à l’occasion du sommet Russie-Afrique organisé à Moscou.
Les navires russes pêchent principalement des sardines, des maquereaux, des chinchards et des anchois dans la zone atlantique marocaine. Moscou conditionne l’augmentation envisagée à une amélioration des conditions de pêche. Le volume de 100 000 tonnes reste donc un objectif, et non un nouveau quota accordé par Rabat.
Cette ambition s’inscrit dans l’accord de coopération signé le 17 octobre 2025 entre les deux pays. À cette occasion, les autorités russes évoquaient déjà une progression des captures vers 90 000 à 100 000 tonnes par an.
La Russie a même bénéficié de quotas supérieurs par le passé. En 2022, dix navires russes étaient autorisés à capturer jusqu’à 140 000 tonnes de poissons par an dans les eaux marocaines, selon les dispositions alors rapportées.
Sur Bladi.net : Les bateaux russes autorisés à pêcher dans les eaux marocaines
La coopération comprend également des retombées pour l’emploi marocain. Selon les autorités russes, les marins marocains représentent traditionnellement environ 10 % des équipages des navires de pêche russes opérant dans cette zone. Les captures sont destinées à la transformation en Russie et aux marchés africains.
Un navire russe étudie les réserves marocaines
Depuis le 26 octobre, le navire scientifique Atlantida mène une nouvelle campagne de recherches dans les eaux atlantiques du Maroc. L’expédition prévoit 145 opérations de chalutage et des prélèvements sur environ 80 points, sélectionnés avec les autorités marocaines.
Selon un communiqué officiel russe, l’équipage comprend 40 Russes, dont douze spécialistes scientifiques, ainsi que deux chercheurs marocains. Les travaux doivent notamment permettre d’évaluer les populations de jeunes sardines, maquereaux, chinchards et anchois.
Cette coopération se poursuit alors que l’Union européenne cherche à relancer ses propres négociations de pêche avec le Maroc, après l’expiration du précédent accord en juillet 2023.
Sur Bladi.net : L’Union européenne veut relancer l’accord de pêche avec le Maroc
Les données recueillies par l’Atlantida seront transmises à la commission mixte russo-marocaine de la pêche. Cette instance s’appuie sur les évaluations scientifiques pour fixer les futurs volumes de captures autorisés aux flottes concernées.