Samir Azzimani aux Mondiaux de ski à Val d’Isère

- 22h27 - France - Ecrit par : L.A

Quand il prononce le nom de « Bellevarde », son visage s’illumine. « Franchement, j’ai envie de tout casser sur cette piste. Elle me fait peur, mais ce n’est pas grave. Quand je skie, j’y vais à fond, j’oublie tout. » Samir Azziman n’a pas grandi au bord des pistes. Son accent n’est pas celui de la montagne et son teint hâlé trahit une enfance passée plus près du sable africain que de la poudreuse des hauts sommets. A 30 ans, le jeune homme, qui vit avec sa mère à Colombes, représentera bien son pays d’origine, le Maroc, lors des qualifications du géant, jeudi. Une histoire qui a tout d’un remake de « Rasta Rocket », sourit l’intéressé.

Sans complexes et sans grands moyens, il se dit pourtant prêt à défier la Face. « Je n’ai pas d’entraîneur. Je bosse l’été pour financer mes hivers. Et je suis là. La compétition m’appelle. Je ne sais pas pourquoi. C’est comme dans les dessins animés quand les personnages sont attirés par les bonnes odeurs. J’aime trop ça. » Une trajectoire atypique pour celui qui aurait pu craquer pour le foot ou l’athlétisme, qu’il pratique de temps en temps au côté de Naman Keita, chez lui, à Colombes.

« Champion sur ordi »

L’unique représentant marocain a découvert le ski en colonie de vacances, puis en classe de neige, à 10 ans. Il étudiait alors dans un foyer tenu par des bonnes soeurs. Son envie d’évoluer au côté des plus grands naît quelques années plus tard, lors de la descente des Jeux d’Albertville de 1992 : « J’ai vu deux gars, deux Marocains, qui m’ont foutu la honte. Ils se sont cassé trois fois la gueule sur la Face. Il y en a même un qui a fini sa course dans le poteau d’arrivée. Ce n’était pas possible. Je pouvais faire mieux que ça. »

A 31 ans, Samir Azzimani sait qu’il n’a pas le niveau d’un Bode Miller ou d’un David Poisson, l’un des ses « copains sur le circuit ». Il se présente juste comme un « bon skieur », moniteur-stagiaire à Courchevel l’hiver, chauffeur, animateur ou monteur l’été, en région parisienne. Sur sa carte de visite, il n’a qu’une 46e place à Sankt Anton (en 2001) à faire valoir. Rien de plus. Sinon sa motivation et la joie de représenter son pays dans une compétition majeure : « Je suis un acharné, c’est tout. Quand j’étais plus jeune, j’étais même devenu champion sur mon ordi. Je jouais à un vieux jeu de ski où il ne fallait faire que du droite-gauche. »

Pourquoi pas Vancouver ?

Sans deux opérations aux pieds et une luxation de la clavicule, ce skieur des quartiers aurait peut-être pu viser un peu plus haut. Ce qui ne l’empêche pas de nourrir des rêves de grandeur : « Mon objectif, ce sont les Jeux de Vancouver, en 2010. » Mais avant cela, il a une qualification à décrocher et un petit groupe de fans à ne pas décevoir. Pour partager sa passion avec ceux qu’il côtoie au quotidien, il a monté un projet permettant à des jeunes d’un collège d’Asnières de passer quelques jours à Val-d’Isère. Au-delà d’une place dans les 25 premiers (qualificative pour le géant de vendredi), il serait déjà bien content de les faire sourire à l’arrivée.

Source : 20 Minutes - Romain Scotto

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