Après Sebta, Bruxelles met les visas des Marocains dans la balance
Après les événements de Sebta, le commissaire européen à la Migration veut obtenir davantage de coopération du Maroc. Parmi les leviers qu’il propose d’utiliser figurent le commerce, les financements européens et la politique des visas.
La crise de Sebta pourrait ainsi dépasser la frontière maroco-espagnole et toucher les Marocains souhaitant voyager en Europe.
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Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, estime que l’Union européenne doit utiliser « tous les leviers disponibles » pour renforcer la coopération de Rabat en matière de contrôle migratoire et de retour des personnes en situation irrégulière.
Il cite notamment la politique commerciale, les financements européens et les visas, rapporte Reuters.
Aucune restriction n’a été décidée contre les demandeurs marocains. Mais en évoquant publiquement les visas, le commissaire européen ouvre la possibilité d’utiliser leurs conditions de voyage comme moyen de pression sur Rabat.
Les demandeurs marocains pris dans le bras de fer
L’Union européenne dispose déjà d’un mécanisme permettant d’adapter sa politique des visas selon le degré de coopération d’un pays dans la réadmission de ses ressortissants.
Une éventuelle procédure pourrait notamment rendre les formalités plus lourdes, allonger les délais de traitement ou réduire certains avantages. Rien de tel n’est toutefois annoncé contre le Maroc à ce stade.
Magnus Brunner considère que l’Europe devient vulnérable lorsque le contrôle de ses frontières dépend de la « bonne volonté » d’un pays voisin.
Le Maroc rejette pour sa part les accusations selon lesquelles il aurait volontairement laissé passer les migrants. Rabat affirme avoir empêché plus de 227 000 tentatives de départ irrégulier entre 2023 et 2025 et démantelé plus de 1 050 réseaux.
Les autorités marocaines rappellent ainsi que leurs forces participent depuis plusieurs années à la protection de la frontière extérieure de l’Europe. Le commissaire européen estime au contraire que cette dépendance doit être réduite.
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Les demandeurs de visas marocains risquent dès lors de devenir la variable d’ajustement d’un conflit portant sur la coopération entre gouvernements.