Après Sebta, le Maroc refuse d’être le policier de l’Europe

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le Maroc refuse d’être réduit au rôle de policier de l’Europe après la crise de Sebta. Une source gouvernementale affirme que le royaume protège son propre territoire et coopère comme un partenaire souverain, pas comme un sous-traitant chargé de retenir les migrants.

Le Maroc hausse le ton dans le débat sur la gestion des frontières européennes. Un haut responsable gouvernemental a rejeté les accusations selon lesquelles Rabat aurait volontairement relâché sa surveillance avant l’arrivée massive de migrants à Sebta.

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« Nous ne sommes ni le policier ni le garde de l’Europe. Nous sommes un partenaire souverain, pas un sous-traitant », a déclaré cette source gouvernementale à Rabat.

Le responsable affirme que le Maroc assume sa part dans la lutte contre l’immigration irrégulière, mais que cette gestion doit rester une responsabilité partagée avec l’Espagne et l’Union européenne.

Selon Reuters, environ 24 000 membres des forces de sécurité marocaines sont mobilisés dans la surveillance des frontières et la lutte contre les réseaux de passeurs.

Rabat assure également avoir empêché chaque année des milliers de tentatives de départ vers l’Europe. Le responsable nie donc que le dispositif marocain se soit volontairement effondré à la fin du mois de juillet.

Le Maroc remet en question le modèle actuel

La source gouvernementale estime que les événements de Sebta ont été exploités en Espagne pour obtenir des gains électoraux et régler des comptes politiques. Elle regrette aussi une couverture médiatique dominée, selon elle, par l’exagération et les accusations contre le Maroc.

Rabat renvoie une partie de la responsabilité à l’Espagne. Une décision judiciaire rendue le 8 juillet a limité les retours immédiats de migrants arrivés par la mer, contrairement aux personnes interceptées après avoir franchi les barrières terrestres.

Pour le responsable marocain, les autorités espagnoles auraient dû anticiper les effets de cette décision, rapidement interprétée par certains candidats au départ et par les réseaux de passeurs comme une possibilité d’éviter un retour automatique.

Le Maroc affirme ne pas avoir cédé à la pression et ne pas agir sous la contrainte ou le chantage. Sa coopération avec l’Europe reposerait sur un engagement volontaire, mais aussi sur la reconnaissance de sa souveraineté et de ses propres intérêts.

Cette mise au point intervient alors que Bruxelles veut renforcer son soutien financier et technique au Maroc après la crise de Sebta. L’Union européenne considère toujours Rabat comme un partenaire essentiel pour la surveillance de ses frontières extérieures.

Le responsable marocain s’interroge toutefois sur l’adaptation du modèle actuel au nouveau contexte. Le royaume refuse que chaque crise se traduise par des accusations à son encontre, alors que les décisions prises en Europe peuvent elles aussi modifier les routes migratoires.

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Rabat ne remet donc pas officiellement fin à sa coopération avec Madrid et Bruxelles. Mais son message est clair : le Maroc continuera à protéger ses frontières, sans accepter de devenir le garde chargé de résoudre seul les problèmes migratoires de l’Europe.